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<title>Aleks en mots</title>
<description>Journal presque intime d'une hypokhâgneuse.</description>
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	<title>De l'incompatibilité de l'intellect et de la coolitude, ou prétexte à conclusion.</title>
	<description><![CDATA[[Tout ce qui précède la chute de cet article esthonteusement exagéré : toutes les répliques sontvraies, mais je force quelque peu le trait en ce quiconcerne le "bizutage" et l'ambiance générale de travail.Mais c'était ça, ou l'article ne conservait que la dernière ligne... ;) ]&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; Au MakDeau, on a tous une image. Mais attention, pas une image qu'on se choisit soi-même, et qu'on doit entretenir par tous les moyens pour rester dans le top dix de la coolitude, non... Une image bien plus perfide, odieuse, parfois, une étiquette que l'on nous colle le jour de notre arrivée en tant que pauvres nouveaux déboussolés et intimidés par ces "biiip" qui sonnent de partout et par les gens qui courent dans tous les sens en criant "okay" à longueur de journée ("Okay j'ai plus de *biip*", "okay j'en relance", "okay dépêche toi", "okay c'est lancé", "okay combien de temps ?" "Okay trois minutes", etc). Vous vous avancez timidement et ouvrez le dialogue par un naïf : "Salut, j'suis nouveau... heu... j'fais quoi ?" (comme ce fut à peu près mon cas), vous êtes catalogué "coincé", et l'on s'amusera à vous mettre mal à l'aise en vous posant des questions du style : "Hé... t'avales ?", à une heure du matin (ou pire : "Hé, tu te laisses gicler dessus ?" Je vous laisse imaginer la couleur de mon visage à ce moment). Vous entrez en scène rapidement, refusez de vous laisser marcher sur les pieds par les anciens,&nbsp; et poussez l'affront jusqu'à ne pas prendre vos repas en leur compagnie ? Vous entrez alors dans le groupe des chieurs, et alors, heureusement que vous ne mangez pas avec le reste du personnel, parce qu'il vaut mieux pour vous que vous ne sachiez pas ce qui se dit sur votre compte dans la salle de pause. Vous êtes charismatique de nature, déconnez facilement tout en apprenant vite, et vous avez vite su faire ami-ami avec les bonnes personnes ? Vous êtes classé "aspirant ancien", respecté de tous, chouchou des managers qui blaguent avec vous pendant que d'autres sont envoyés balayer. Qu'on se rassure, dans tous les cas, tout nouveau qui termine avec brio sa période d'essai passe rapidement au grade d'"aspirant aspirant ancien", et s'il sait qu'il n'appartiendra pas de sitôt au groupe d'influents qui règne sur les lieux, il sera toutefois rapidement consolé en remarquant que tout le monde est bien plus sympa avec lui qu'auparavant. Et oui. Dans la restauration rapide comme ailleurs, on préserve la belle tradition du bizutage, ou de l'intégration, pour parler politiquement correct. &nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais quand-même. Les étiquetés coincés, même s'ils déconneront vite avec les anciens-super-cools, resteront étiquetés coincés. Plus encore s'ils s'enfoncent malgré eux. Prenons un exemple au hasard... tenez, le mien. D'aucuns ricanent déjà de me savoir étiquetée coincée, je les renvoie amicalement préparer leurs partiels de pipoteurs (tsss). Je dois d'abord dire pour ma défense que j'avais des atouts de taille pour cette qualification : je fais des études de lettres, mais non contente d'en faire, il arrive souvent que j'en parle. Or, apprenez, très chers, qu'une phrase innocente telle que : "P'tin, j'finis dans une heure, j'en ai trop marre, j'ai trop envie de rentrer, en plus j'ai acheté un bête de bouquin tout à l'heure..." aura sur votre image des conséquences horriblement négatives. Le pire, c'est que vous le saviez, mais vous n'y pouvez rien, ça vous a échappé... (et puis c'est vrai, quoi, il a l'air trop bien, ce bouquin). Vous passez déjà du statut de coincée à celui d'intello-coincée. Continuons. Dimanche après-midi, pas un chat en salle, et deux collègues qui débattent sur, si on en juge par leur animation, le sujet du siècle. Vous vous approchez pour entendre quel est le sujet du conflit, et bien évidemment, on vous prend à parti : "Franchement, à ton avis, c'est quoi les limites qu'on a, dans la vie ?". Comme la conne que vous pouvez être quand vous vous y mettez, vous répondez innocemment qu'au delà des limites légales que l'on se doit de respecter si l'on tient à maintenir l'ordre, et des limites physiques qui sont naturelles et physiologiques, tout le reste est relatif à l'environnement et à la culture, et vous vous apprétiez à citer Diderot lorsque l'on vous rétorque un "Non mais, heu... en gros, coucher avec plusieurs mecs, c'est du non-respect de soi, nan ?". Boum. Votre statut d'intello est renforcé, vous passez au grade d'intello force deux.Du coup vous faites gaffe, vous parlez même en verlan, de temps en temps, et jurez plus que jamais, histoire de rappeler à vos collègues (y compris les autres intellos qui jouent le même jeu de camouflage que vous) que vous êtes humain, tout-de-même. Et puis malgré vous, vous assistez, impuissant, au retour au galop d'un naturel quelque peu pédant, grâce aux commentaires de vos collègues (l'une d'elle à une petite fille : "Elle, c'est Aleks, c'est une intello, tu vois, elle a des lunettes", ou encore "Non mais j'étais sûr que tu serais prof, t'as le physique de l'emploi") autant que de vos clients ("'Tin elle est sévère !", et autres réjouissances). Bien sûr, ça n'est pas méchant, d'autant plus que le milieu est fortement peuplé d'étudiants, mais tout-de-même, il y a des réflexions qui reviennent parfois un peu trop souvent à votre goût... Alors vous vous taisez, vous vous taisez encore, et vous devenez même vraiment stupide, parfois, juste histoire de vous désimprégner de cette image. Et ça marche ! Enfin... ça aurait pu marcher. Ca aurait pu. Si vous n'aviez pas commencé aujourd'hui votre journée en disant d'un air radieux à un de vos collègues : "Hé, en fait, tu sais quoi ? J'ai eu mes résultats, je majore !"

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	<link>http://aleksenmots.zeblog.com/332442-de-l-39-incompatibilite-de-l-39-intellect-et-de-la-coolitude-ou-pretexte-a-conclusion/</link>
	<author>Aleks</author>
	<pubDate>Tue, 10 Jun 2008 02:13:00 +0200</pubDate> 
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	<title>Métablogging de comptoir, ou je ne poste pas, mais j'ai une bonne raison.</title>
	<description><![CDATA[
&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je ne sais plus qui disait que l'utilité du journal (intime, j'entends) était entière dans l'acte d'écriture, et que la preuve en était dans ce que ceux qui en tiennent ne se relisent jamais. Si ce je ne sais qui (il me semble qu'il s'agit d'un des frères Goncourt) dit vrai, alors c'est là une différence manifeste entre le journal et le blog. Peut-être cette différence vient-elle du fait que le blog étant un espace public pourvu de plus ou moins hypothétiques lecteurs, son propriétaire n'écrit plus pour lui seul mais pour un lectorat qu'il doit séduire, d'où une attention bien compréhensible portée au style de ses articles ; d'où, aussi, une perte de sincérité due au rôle que l'auteur-amateur sera tenté de jouer : je me rappelle d'un bloggueur qui m'avait dit ne savoir écrire qu'en adoptant le parler d'un connard prétentieux (Je le salue au passage). Alors, si effort il y a eu, on peut-être tenté de se relire, à la fois dans un but de masturbation intellectuelle ("Ce que j'écris bien !") que dans un but plus avouable de progrès (affuter sa plume, ou plutôt son clavier). Sans compter que la relecture peut aussi être justifiée par un simple attachement aux lignes que l'on aura préalablement tracées, attachement on ne peut plus narcissique il est vrai (puisque relié à une contemplation et de soi, souvent sujet de l'article, et de l'article lui-même, que l'on aura écrit soi-même).&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tout ça pour dire que j'ai souvent relu ce blog, et que je le relis régulièrement, comme un livre qui aurait la place d'honneur sur ma table de chevet depuis des années (pourtant, il n'est pas si vieux), et dont je connaitrais certains passages au mot près. Les motifs de ces relectures sont grandement narcissiques, c'est vrai, mais pas seulement : j'accorde à ces pages une valeur sentimentale particulière, comme s'il s'agissait d'une fiole dans laquelle j'aurais emprisonnée ce que je regarde à présent comme une crise d'adolescence un peu tardive. Mimy, il me semble, avait reprise à ce sujet l'image de la pensine, il y a un peu de ça. Une boite à souvenirs que l'on remue par moments. Le seul défaut - à mon avis - de la pensine imaginée par Mme la première fortune d'Angleterre, est que lorsque le héros décide de replonger (et c'est littéralement le cas) dans un souvenir, il s'y trouve immergé en gardant son moi de départ, et peut même rencontrer son moi de l'époque. Il a donc malgré lui un recul inévitable sur le souvenir en question, et ne le vivra pas comme Proust goutant une madeleine, mais comme des adolescents que l'on forcerait à regarder un film de famille et qui mouraient de honte en se voyant sur le pot, grimaçant à la caméra. "Quoi, c'est moi, ça ?"Un "Pfff" méprisant suivi d'un départ en trombe serait d'ailleurs une réaction tout à fait normale pour voiler le joli sentiment de honte qu'ils ressentiraient alors.&nbsp;&nbsp;&nbsp; J'ai le même problème avec ce blog. Outre la peur d'avoir à accueillir un lecteur indésirable, à savoir une personne de ma connaissance, ou pire, une personne qui en prendrait ici pour son grade sans le mériter vraiment (car le problème du défouloir, c'est l'absence de justice), je me retrouve parfois en relisant mes mots devant une incompréhension voire une négation problématique. Je ne me reconnais pas, et c'est bien normal, puisque le temps passe et que je suis censée mûrir petit à petit, et donc avoir une vision plus raisonnable des choses. Je me trouve ingrate les quelques fois où je lis des allusions à M-W, je me trouve geignarde dans les "Lamentations Nombrilistes" autant que dans la section "Prépa", et je n'assume pas ce mépris à l'égard des fhâkeux qui teintent mes premiers articles d'"Aleks et la fac" (fhâkeux qui sont tout de même, il faut le rappeler, mes amis, et qui sont bien loin du cliché que je voulais bien voir en eux en arrivant). Seules les "Chroniques Aleksiennes", que j'ai voulues moins personnelles, continuent de me plaire.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Alors non je ne supprimerai pas ce blog, puisque je suis à peu près certaine d'en ouvrir un nouveau à peine un mois après cette suppression - attention, blogguer entraine une accoutumance. Mais je tenterais bien de lui donner une impulsion différente, une orientation nouvelle. Rien ne sert de parler autant de soi, si c'est pour ne plus se reconnaître ensuite. Mais rien ne sert de ne plus parler de soi non plus, puisque c'est le principe de base du blogging, et que je suis par ailleurs bien trop habituée à me mirer ici le nombril pour me sevrer sur un coup de tête. Je ne sais pas exactement ce que seront les prochains articles, j'aimerais simplement alimenter davantage la catégorie des" Chroniques", continuer la série commencée par Pâle Neige, peut-être, ou bien garder ce ton de pseudo-naturaliste assurée de sa supériorité (cf. les articles "..et la Fac"), mais alors en collant un peu partout des pancartes "Attention, second degré." Boarf. On verra. En attendant, vous l'aurez deviné, pas de postage intempestif : je réfléchis, et c'est une opération qui peut s'avérer très lente.  
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	<link>http://aleksenmots.zeblog.com/331170-metablogging-de-comptoir-ou-je-ne-poste-pas-mais-j-39-ai-une-bonne-raison/</link>
	<author>Aleks</author>
	<pubDate>Wed, 04 Jun 2008 18:09:00 +0200</pubDate> 
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	<title>Préavis</title>
	<description><![CDATA[
   [tu cliques sur les images, et hop, ça s'agrandit !]Aujourd'hui :<img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/a/aleksenmots/a.png" border="none">Cet été :<img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/a/aleksenmots/b.png" border="none"> J'vais faire de la traduction de documentation, français-anglais :D[PS : Monsieur Rien, je te réponds, mais laisse-moi un peu de temps... ^^"]   
]]></description>
	<link>http://aleksenmots.zeblog.com/324787-preavis/</link>
	<author>Aleks</author>
	<pubDate>Mon, 26 May 2008 20:37:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Rien.</title>
	<description><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans mon jardin, il y a une chose en plastique, un genre de transat que certains prétendent qu'il a un jour été blanc. Aujourd'hui, il oscille entre le crème (pour les délicats) et le jaune sale (pour les gens honnêtes). Il moisit là, inutilisé depuis l'époque où nos étés étaient encore chauds et agréables, et où nous pouvions sans remords pioncer au soleil en invoquant l'excuse du teint hâlé. Autant dire depuis longtemps. Toujours est-il que la place où l'on posait régulièrement son séant en prévision d'une longue après midi de paresse est aujourd'hui recouverte d'une eau stagnante, d'un aspect plutôt désagréable, et dans laquelle je ne m'étonnerais pas de trouver un ou deux rats d'égoût, si la profondeur de la flaque le permettait. Et pourtant, cette chaise longue en décomposition n'a pas été abandonnée, loin de là, et je me suis rendue compte il y a peu, non sans quelque satisfaction, que j'y avais laissé ma marque : un cercle de café séché s'est lentement attaché au plastique de l'accoudoir, puisque c'est toujours sur le même, au même endroit, que je pose la boisson sacrée avant d'allumer d'un geste solennel l'inévitable cigarette qui l'accompagne. J'attends donc avec impatience le moment où, vieille et usée, le souvenir de ces lectures furtives (le temps d'une cigarette) me reviendra lorsque je rencontrerai une tâche semblable. Ce jour, je commencerai une nouvelle Recherche.(tremblez !)&nbsp;&nbsp;&nbsp; Bulle m'avait il y a quelques temps déjà soumis un questionnaire portant sur nos cinq petits plaisirs préférés, j'avais - précisons-le au passage - prévu d'y répondre avec beaucoup d'application, trop, même, puisqu'à ce jour mon obligation n'est toujours pas remplie. Procrastination, vous avez dit procrastination ? Toujours est-il que dans ces cinq petits plaisirs figurerait certainement celui-ci : allumer toutes les lumières de mon salon, sortir ensuite en silence dans le jardin endormi, et, à la faible lueur du Versailles créé plus tôt, lire quelques pages d'une oeuvre quelconque, tout en brûlant et apaisant ma gorge tour à tour d'une fumée acre et d'une caféine bien trop sucrée. Et quand la nuit est trop sombre, j'abandonne le transat, et m'assieds directement dans la poussière de la terrasse - je n'ai pas de remords quand à salir mon vêtement de travail, vous me le pardonnerez -, le dos appuyé contre le mur, ma tête ayant une fâcheuse tendance, quand l'auteur ne m'inspire pas, à délaisser les mots de papier qui s'offrent à elle, pour se balancer en arrière et porter le regard vers les maigres étoiles que la lumière de la ville laisse encore vivre.&nbsp;&nbsp;&nbsp; En fait, j'arrive à lire partout. Assise dans un métro bondé, debout dans un métro bondé, dans une salle de pause archi bruyante, dans mon bain, dans mon lit, en marchant dans un endroit désert, en marchant dans les Halles (non sans me prendre un passant ou deux au passage, certes)... Partout. Sauf à la bibliothèque, en fait, puisque l'idée de descendre faire une pause cigarette brouille ma lecture jusqu'à ce que je cède, et reviens aussitôt la pause finie. A croire que j'ai non pas un palmier mais un arbre à tabac dans chaque paume.J'arrive à lire partout, donc, et j'aime ça. Sauf que huit bouquins en quatre jours (et pas des petits), ça commence à faire beaucoup. Vivement la fin des rattrapages... 
]]></description>
	<link>http://aleksenmots.zeblog.com/324203-rien/</link>
	<author>Aleks</author>
	<pubDate>Sat, 24 May 2008 14:32:00 +0200</pubDate> 
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<item>
	<title>Mens sana in corpore sano</title>
	<description><![CDATA[
 [Un truc qui moisissait dans les brouillons du blog.Qui ne veut rien dire.Qui est pour le moins torché.Qui n'a pas été touché depuis novembre dernier.En attendant mieux, en somme.]<img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/a/aleksenmots/porsche.gif">Et il me dit tu verras, dans mon livre, il y aura toi. Toi et moi. Et moi je dis Ah d'accord, c'est bien, et je baisse la tête et je continue le mien. Mon livre. Moi j'y raconte des trucs un peu gnan-gnan, c'est vrai, mais c'est pas grave, le gnan-gnan, ça vend. Y a qu'à voir ce qu'on trouve comme merde au rayon du Auchan, les histoires d'amour dans les cliniques, les femmes médecins qui tombent dans les bras des chirurgiens, les filles qu'ont des visions, les flics qu'ont des liaisons... Y a qu'à voir. Le niais, ça vend bien.     Il se penche au dessus de mon épaule, il lit. J'aime pas quand on fait ça, j'aime pas quand il fait ça, mais je dis rien, je me tais, j'attends. Il me dit Boarf, t'es bête, c'est pas possible, ça ! Elle peut pas oublier le goût du chocolat ! Mais elle est amnésique, que je lui dis. Il se moque un peu de moi. Quand t'es amnésique, t'oublie pas ça. T'oublie ton nom, ton adresse, ton âge, mais le chocolat, ça s'oublie pas. Bon. Le chocolat, ça s'oublie pas. C'est dommage, une histoire d'amour qui commençait avec la découverte du chocolat, moi, je trouvais ça bien. C'était un peu niais, ça pouvait marcher... mais y a des choses qui s'oublient pas, et parmi elles, le chocolat. C'est comme ça.   Du coup, les deux amants de mon livre, s'ils découvrent pas le chocolat, ils se découvrent pas non plus, alors bon, je les laisse là, en plan. Ils intéresseront personne, ils m'intéressent plus. Mais tu veux vraiment écrire des bouquins, que j'lui demande ? Ouais, non, j'sais pas. J'en ai marre du droit, j'vais ptet faire de l'informatique, je sais pas trop. Un truc pour avoir un boulot et partir de chez moi, tu vois. J'en ai marre de mes parents, ils m'aiment pas.     Moi j'dis rien. J'm'ennuie. J'lui parle parce qu'il est là, mais ça serait quelqu'un d'autre que ça me gênerait pas.     Tu verras, qu'il me dit. Un jour j'aurais une porsche. J'lui dis pas que ça m'étonnerait qu'un jour il ait une porsche, j'lui dis pas non plus que ça m'étonnerait qu'un jour il ait un toit, j'lui dis toujours rien. J'le laisse rêver et me raconter, parce que j'suis là, et qu'on s'f'rait encore plus chier si on parlait pas. Un jour j'aurais une porsche, qu'il me dit, parce que je me serais fait publier. J'vais écrire des romans policiers, avec des détectives, des crimes, des enquêtes, tu verras, ça marchera, j'suis sûr que ça marchera. Et quand j'aurais la porsche, on attendra qu'un d'mes parents meure, et on ira ensemble à l'enterrement, en porsche. Et tout le monde se dira ouah, lui au moins, il a réussi. Et tout le monde nous admirera, moi parce que j'aurais réussi, toi parce que tu seras avec moi. Et y aura mon frère qui viendra baver d'vant moi et qui m'demand'ra s'il peut essayer la bagnole, juste une fois, et là, t'inquiète pas, je l'attends, j'me f'rai un plaisir de lui dire non. Ptit con.   Moi j'l'aime bien ton frère, que j'réponds. Il est mignon. J'suis sympa, j'me retiens de rajouter un beaucoup plus que toi. C'est un pochtron, qu'il me répond, moi, j'bois pas : un esprit sain dans un corps sain. J'souris et j'baisse la tête sur mon bouquin. J'lui dis pas que j'préfère le corps malsain d'son frère, j'crois qu'il comprendrait pas. C'est con, c'est utile quand on veut écrire des romans policiers, d'savoir que le type gentil et bourré il aime les grandes filles un peu folles, alors que l'pervers lucide et sobre, il penche plus pour les filles moins grandes et plus sages. Ca aide à établir le profil psychologique du coupable. Ou bien du héros.     Et c'est comme ça qu'on retrouve les cadavres dans le coffre des porsches.        
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	<link>http://aleksenmots.zeblog.com/274904-mens-sana-in-corpore-sano/</link>
	<author>Aleks</author>
	<pubDate>Tue, 20 May 2008 00:24:00 +0200</pubDate> 
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<item>
	<title>...</title>
	<description><![CDATA[&nbsp;&nbsp;&nbsp; Non, ne hurlez pas, outrés, en prétendant que je vous néglige. Bon, c'est vrai, en un sens, ça fait un petit moment que je n'ai pas posté. Mais quel bloggueur n'a jamais été refroidi par cette horrible question qu'une connaissance - peut-être pas si innocente qu'on le pensait - ose un beau jour nous poser : "Hé, t'as pas un blog ?" &nbsp;&nbsp;&nbsp; Donc. Après avoir épié pendant quelques temps mes visiteurs et leurs parcours, en me gardant bien de rien poster de compromettant (donc, de rien poster du tout), je crois pouvoir me rassurer en me disant que cette fourbe question était bien innocente, aussi anodine, en soi, qu'un "T'as pas une cigarette ?" ou qu'un "Quelle heure est-il ?"Mouais.J'sais pas.Dans tous les cas, si tu es petite, blonde, que ton prénom commence par un M et qu'il finit par -arion, que tu es en Lettres Modernes, première année, et que tu vis à la campagne, ferme tout de suite cette fenêtre, oublie l'adresse qui y mène, oublie également tout ce que tu as pu lire ici, et respecte les règles de ce blog comme celles d'un Fight Club virtuel, à savoir qu'il ne faut pas en parler, et qu'il ne faut surtout pas en parler.Et au passage pardonne-moi également de t'avoir répondu, ce jour là, un "Nan, pourquoi" faussement naturel. C'est de bonne guerre, après tout.Bref. Outre ce petit épisode, je ne sais trop quoi vous livrer... (c'est d'ailleurs très étrange de s'adresser à ses lecteurs habituels tout en pensant que peut-être, quelqu'un que vous connaissez in real life et à qui vous n'avez pas donné cette adresse, vous lit...) (obsédant, même) J'ai passé et réussi mes examens du second semestre. Je prépare (enfin, j'essaye de me forcer à le faire) ceux du premier semestre. J'ai l'équivalent de Beaubourg en retard, au niveau de Et tes lectures, t'en es où ? J'ai pas encore démissionné de mon super job étudiant, mais ça va pas tarder, puisque le déménagement se rapproche.Et je poste pas assez.Mais j'vous lis quand-même, même si je commente pas forcément, hein !Allez, promis, bientôt, je poste un truc intéressant.

]]></description>
	<link>http://aleksenmots.zeblog.com/322280-/</link>
	<author>Aleks</author>
	<pubDate>Sat, 17 May 2008 13:40:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Ciel, je vieillis !</title>
	<description><![CDATA[
  &nbsp;&nbsp;&nbsp; Imaginez une salle de pause vide, nue, sobre, où le silence n'est brisé que par les machoires en pleine activité de deux étudiantes fatiguées. De temps en temps, un garçon lance un "Bonjour" enthousiaste tout en se précipitant dans le vestiaire. Il est en retard. Dehors, une voiture klaxonne. Vingt et une heures.&nbsp; Les plateaux deviennent vite à moitié vides, et nos deux specimens accordent une trève à leurs zygomatiques. Blanc de pré-digestion. "Dis Aleks... T'as pas l'impression que l'temps il passe trop vite ?" Petit sourire. "Quoi, c'est bientôt ton anniversaire, c'est ça ?" "Non, même pas. Mais je sais pas. J'me sens vieille. J'ai l'impression que tout va trop vite et que j'ai rien le temps de faire de ma vie." Et voilà. Ca n'est pas plus compliqué que ça. En quelques mots, vous voilà contaminé par cet affreux sentiment de vieillesse nostalgique mal placée. Ben oui, mal placée. A dix huit ans...&nbsp;&nbsp;&nbsp; Oh, non, je n'ai pas l'impression que je n'ai rien fait de ma vie, tout simplement parce que - sauf cas exceptionnel - à dix huit ans, personne n'a eu le temps de rien faire de la sienne. C'est normal. Elle vient à peine de commencer. N'empêche qu'en tout cas, ça y est, moi aussi je me sens vieille. Je travaille. Je cotise pour une hypothétique retraite (sic). Je vais toujours en cours, certes, mais je passe moins de temps à la fac qu'à servir des hamburgers. Ma dernière cuite remonte à cinq siècles. Je n'ai pas fumé de joint depuis... diantre, depuis un an. Mes papiers administratifs sont rangés dans des pochettes bien classées, elles-mêmes soigneusement ordonnées dans des classeurs précautionneusement étiquetés. Je peux retrouver mon attribution de bourse de mai de l'année dernière en vingt secondes chrono, par exemple. J'ai une carte d'adhérent Fnac. Je vais même chez le coiffeur spontanément, sans être harcelée trois semaines durant par l'autorité maternelle qui me rabache que non mais là, vraiment, c'est plus possible. Et l'année prochaine, c'est officiel, je m'en vais de la maison, et paye loyer, bouf, et diverses factures par mes propres moyens. J'vous dis pas comment ces responsabilités financières m'écrasent déjà à l'avance. C'est pas que je ne veuille pas être indépendante, au contraire : rien qu'à penser à cet appart, je sens un doux vent de liberté passer sur mon visage (Non pas que je vive en prison non plus, hein, loin de là). Mais pas seulement de liberté, il y a aussi quelque chose comme un sentiment de "Maintenant je suis une grande". Comme une entrée au collège puissance quatre vingt dix. Sauf que quand vous rentrez au collège, si un petit merdeux vient vous faire la misère, vous avez toujours Papa-Maman derrière pour régler le problème.Sauf que là, ben y aura plus. Le merdeux, vous l'enverrez chier vous-même. Ca, ça pose pas problème. Le banquier, en revanche, devra être traité avec bien plus de diplomatie. Et vous volerez sans filet.C'est dingue. J'ai jamais eu l'impression d'être une assistée, avant. Maintenant que je sais que je vais partir, j'ai l'impression de l'avoir toujours été. Vraiment. Comme on dit chez moi, sur la tête de ma mère, j'flippe trop ma race.Moralité... Il faut que je me marie&nbsp;avant l'année prochaine ?    
]]></description>
	<link>http://aleksenmots.zeblog.com/317678-ciel-je-vieillis/</link>
	<author>Aleks</author>
	<pubDate>Sat, 03 May 2008 13:09:00 +0200</pubDate> 
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<item>
	<title></title>
	<description><![CDATA[
&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ah, le printemps... les arbres qui fleurissent, l'herbe qui verdit, les petits oiseaux qui chantent de nouveau... les petits cons que vous choppez en pleine tentative d'effraction de domicile... En rentrant tranquillement chez vous. Et que vous pouvez même pas baffer, parce que manque de bol, il n'est ni armé ni agressif envers vous. Juste con. Et ça, c'est légal.[note personnelle : la prochaine fois, attendre que le môme soit&nbsp;effectivement à l'intérieur avant d'intervenir. On rira davantage.]  
]]></description>
	<link>http://aleksenmots.zeblog.com/316465-/</link>
	<author>Aleks</author>
	<pubDate>Tue, 29 Apr 2008 18:15:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Bon appétit, bonne soirée !</title>
	<description><![CDATA[
&nbsp;&nbsp;&nbsp; Plus ou moins plongée dans un cours plein de commentaires inconvenants sur les Philologues romans, Triste Compagne en bruit de fond, je me dis que tout-de-même, il faudrait que j'ouvre mes volets. Mon lit est un vaste champ de bataille où, sous la lourde couette et dans le désordre des draps, dorment tranquilles Proust, Artaud, Tadié, relevés de compte, bulletins de salaire, cours, Moleskine et autres compagnons de l'étudiant bordélique. On ne voit plus la couleur du bureau. Seul mon unique Pléiade, bien seule, est si l'on peut dire "rangée" sur le coin d'une étagère. Je l'ai avalée, intégralement, et ne peux pourtant toujours pas me décider sur la question de savoir si oui ou non j'aime Rimbaud. Une couche de quinze centimètres de poussière règne sur la télévision qui n'a plus été allumée depuis trois siècles. Pourquoi regarder la télé dans la chambre, alors que l'on peut se coucher le PC sur les genoux ? Mais déjà c'est l'heure, j'attrape ma ô combien sexy tenue de travail, ce maudit badge qui permet à chaque client de m'appeler par mon prénom et me tutoyer dans une connivence d'un bien mauvais genre, et file, cigarette au bec, pour quelques heures d'amabilité professionnelle.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il y a des jours où j'arrive à être de bonne humeur au travail. En général, ce sont les jours où je fais 18h30-21h00, ou quelque chose comme ça ; en bref, les jours où je ne travaille vraiment pas beaucoup. Et puis il y a les jours où je fais 14h00-18h00-19h15-00h00, et là, inutile de te dire que "Je préfère mourir pour une cause que vivre pour rien", c'est rien, à côté de mon bien être naturel et mon sourire châleureux qui accueillent tous deux le client avec une impressionnante amabilité. Par exemple, le type qui arrive, et qui me donne un papier de trois mètres de long, couvert de pattes de mouches, en se contentant de me balancer un "à emporter, et vous oubliez rien, parce que la dernière fois yzont oublié des trucs", si je le croisais dans la rue, au naturel, je lui dirais simplement d'aller se faire foutre, pov' connard, et qu'est ce que tu crois, qu'chuis ta bonne, et blablabla. Mais là, je suis dans le cadre d'une relation client-larbin, ce qui sous entend que je dois m'étaler comme une pauvre merde et lui dire oui monsieur bien sûr monsieur et permettez moi de vous présenter mes excuses au nom du collègue qui, damné soit-il, a osé oublier de vous donner du ketchup la fois dernière. Mais bon. 14h00-18h00-19h15-00h00... Je m'autorise tout de même un ton sec, genre : "Vous pourriez pas me la dicter ?", en lui montrant la liste. Ouais, je sais, vu d'ici, c'est ridicule, mais vu de moi en action, c'est bien. Ni larbin ni vulgaire. Par-fait. &nbsp;&nbsp;&nbsp; Sauf que ce que vous n'aviez pas prévu, c'est que le client en question est vraiment un boulet, qui vous invente des menus qui n'existent pas, qui vous lit la liste en bon pas-doué-de-la-vie, bref, qu'en fait, c'était largement mieux quand c'est vous qui l'aviez, la liste. Alors vous lui faites comprendre par un soupir insolent et un "Bon, en fait, j'vais la reprendre" que putain mais pourquoi t'as choisi ma caisse, mais pourquoi moi ?! Qu'est ce que je t'ai fait ? Enfin. A ce moment là, vous ne savez pas encore qu'il va vous demander combien 28€30 ça fait de tickets restaurants ("Ben, ils sont à combien vos tickets monsieur ?" "A 8€" "Ben vous comptez." "Ben, non, comptez, vous" "Hum... 8x4=32, monsieur, et 8x3=24. A vous de voir si vous rajoutez ou si vous perdez de l'argent"...), avant d'exiger que vous rajoutiez plus de cacahouettes sur toutes les glaces, une par une, et qu'il va vérifier, en plus, quitte à vous renvoyer le faire une deuxième fois. Alors t'inquiète que le client qui vient après, avec ses douze gamins, tu l'attends de pied ferme.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Non mais vraiment, les tribus aux douze gamins, c'est le pire. Pas seulement parce que tu dois te taper douze boites diaboliques à fermer, et que si tu viens de commencer ici, laisse tomber, tu y arriveras jamais, mais devras te contenter de contempler avec admiration le geste de l'équipier expérimenté qui y arrive du premier coup, lui, et même que le jouet reste bien à sa place, et que le carton se plie bien là où il faut. (Je précise au passage que je suis au stade intermédiaire, niveau boîtes). Non, ce pourquoi les gamins sont chiants, c'est parce que gneee, heuuu, haaan, j'veux heu... çaaaaaaaa.... gnéééé.... naaaaaaa. Putain. Je comprends pas. Bon, je comprends pas l'enfant, ça c'est évident, mais alors le parent, encore moins. A quoi ça sert de faire prendre à un gamin de deux ans une commande, à part à faire chier le vendeur qui se doit, lui, d'être rapide ? Et vas-y qu'en plus de pousser des grognements incompréhensibles, un poing dans la bouche, le môme se permet (bah oui, c'est un môme) de passer derrière le comptoir, les deux mains tendues vers les Kit Kat Ball ou autre friandise, sous le regard admiratif de papa-maman qui s'autocongratulent de l'ambition et de la spontanéité de leur progéniture chérie. &nbsp;&nbsp;&nbsp; Ici, il s'agit de garder son sang froid, et d'user du langage alternatif. Non, pas de l'ortograf altairnatiff, mais de ce que j'appelle le langage alternatif du serveur (ou technique de l'insulte mentale), à savoir une technique jouant sur l'axe paradigmatique de la langue, et qui consiste à user d'un mot x pour désigner un mot y ayant plus ou moins le même sens, mais étant connoté bien plus péjorativement. Un exemple, à chaque fois que le serveur dira "Bonhomme" d'un air attendri, il pensera en fait "Petit con" de toutes ses forces. &nbsp;&nbsp;&nbsp; Donc. Voilà notre gamin qui s'approche dangereusement, les mains tendues, et vous pressentez déjà l'accident. Une collision avec un manager. Un dérapage mal contrôlé sur la tâche de graisse, au sol. Ou pire. L'enfant atteint la machine à glace, et une demi-heure de nettoyage acharné vous attend. Vite. Il faut agir. Les parents sont toujours avachis dans leur admiration stupide et leur inaction totale.- Alors bonhomme ? Qu'est ce que tu veux ? Nan nan nan t'as pas le droit d'aller là...- Gaaaaaaaaaaaaaa...- Hinhinhin... tu veux du chocolat ?- Gnééééééééééééééééééé....- Du caramel ?[Parent]- Oui mettez lui du caramel.- Gnééééééééééééééééééé...- Oui, oui, je vais te mettre du caramel, allez, recule maintenant, t'as pas le droit d'être là...Je vous laisse imaginer quand ils sont douze, et qu'en plus le parent se permet d'être complice de l'excentricité de son chiard, genre :"Excusez-moi ?- Oui madame ?- Elle veut vous faire un bisou."&nbsp;&nbsp;&nbsp; Alors là... Mais alors là... Non seulement tu la regardes du genre "hein ?... Non mais heu, excuse moi, mais ça va pas être possible, là", mais en plus, tu cherches désespérément une excuse, comme "Je suis désolée madame, il&nbsp; nous est strictement interdit d'embrasser les clients, d'autant plus s'ils sont jeunes, vous savez, pédophilie, tout ça..." Bon. Evidemment, ton manager arrive à ce moment là, et lui, franchement, ça le fait grave marrer. Plus que toi en tout cas. Bizarre. Du coup, cédant honteusement à la pression de la petite fille qui, lèvres tendues dans un mouvement ridicule, appelle ta joue, tu t'approches furtivement, et fuis aussitôt la chose accomplie, dans un grand foutage-de-gueule général de tous tes collègues qui savent comme tu aimes les enfants. Tssssssssssss.Alors le connard qui ose te klaxonner, alors qu'il vient commander à 00h58 et que vous fermez à une heure, t'inquiète que l'amabilité, j'suis désolée monsieur, mais on est en rupture.    
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	<link>http://aleksenmots.zeblog.com/315789-bon-appetit-bonne-soiree/</link>
	<author>Aleks</author>
	<pubDate>Sun, 27 Apr 2008 16:21:00 +0200</pubDate> 
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	<title>Celle qui avait l'impression d'être riche.</title>
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&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je suppose que c'est lié à ce que l'on pourrait nommer le syndrome du premier salaire. Cette impression, je veux dire. Je crois que c'est lié. Evidemment, c'est lié. Attends. La première fois que je ne frôle pas le découvert. La première fois que j'ai une marge supérieure à moins cinquante euros avant la zone "ce que je devrais peut-être rembourser à l'état à la fin du semestre". Et puis comme mon ego et mes pulsions dépensières s'accordent à le dire : "oh, merde, vu le taff que c'est, j'ai l'droit d'me faire plaisir, hein !" Autant vous dire que l'excuse est trouvée d'avance, et que la carte est vite dégainée, bam, en plein dans la machine.&nbsp;&nbsp;&nbsp; En même temps, c'est agréable, d'avoir des chiffres sur le compte. Vous vous rappelez de ça ? Et ben si j'en ai envie, je me les paye. Ou ça. Ou ça. Ou plein de choses. Mais le truc, c'est que je suis censée économiser. Et ouais. Comble de la serious attitude, je me suis auto imposée un joli embargo sur portefeuille : pas un centime ne bouge. Soit disant. Et pourquoi, me direz-vous, tant de haine ? Pourquoi, Aleks, après un si dur et continu labeur dans la pluie, le froid, la haine du client, les effluves assassines et la graisse omniprésente, pourquoi, mais pourquoi ne t'accordes-tu pas le repos que tu mérites tant ?&nbsp;&nbsp;&nbsp; Non, je ne suis pas devenue doloriste. Et non, ça n'est pas non plus mon masochisme qui me pousse à résister ainsi à la dépense. C'est tout simplement l'appel de la voiture. Mais ceci est une autre histoire. &nbsp;&nbsp;&nbsp; Donc. Refusant ainsi toute grosse dépense (même si on va bientôt voir qu'en fait, ben... non) pour la sacro sainte cause de "je veux me payer un véhicule qui roule correctement dès que j'aurai le papier rose", je me rabats sur les petites. &nbsp;&nbsp;&nbsp; Bon. Certes. Je dois avouer qu'une pléiade, c'est pas une petite dépense. Que j'étais pas obligée d'acheter un Moleskine quand on compare son prix à celui des autres carnets ordinaires. Que oui, c'est vrai, qu'il faudrait que je me débarasse de cette manie qui consiste à prendre toujours les trucs les plus chers (et inutiles) au rayon des fournitures scolaires. Qu'en effet, avec un paquet par jour, j'abuse, c'est pas bien. Que traîner encore dans les rayons de la FNAC une fois qu'on a payé sa commande, c'est complètement con, parce qu'on est o-bli-gé de repasser à la caisse après parce que vraiment, non, mais depuis le temps que je dis que je lis la Philosophie dans le Boudoir, quoi. Que je ne suis pas, par ailleurs, obligée de manger dehors aussi souvent, remplissant presque autant mon estomac que mes poumons de ces petits billets durement gagnés.Mais bon franchement... T'as vu le taff que j'ai ? J'ai l'droit d'me faire plaisir, hein !  
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	<link>http://aleksenmots.zeblog.com/314695-celle-qui-avait-l-39-impression-d-39-etre-riche/</link>
	<author>Aleks</author>
	<pubDate>Wed, 23 Apr 2008 07:52:00 +0200</pubDate> 
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