Ca t'apprendra à pas avoir voulu faire de catéchisme.

Par Aleks :: 04/02/2008 à 5:18 :: Private Jokes

Quelque part dans les cieux, domaine du très haut,
 service d'équilibrage des destinées, bureau 42B.



- Dîtes donc Marie, venez donc voir ici cinq minutes, là...
- Oui M'sieur Boulard ?
- Y a un problème avec le dossier 44E6A, c'est évident...
- Le ... le dossier 44E6A, Monsieur Boulard ?
- Ben oui, regardez moi ça, ça fait combien de temps que vous m'avez pas équilibré tout ça ? Tout est chamboulé, là, mais regardez-moi ce bordel, bon Dieu !
- M'sieur Boulard !
- Ben excusez-moi du peu, mais le terme est presque justifié, là, mais regardez-moi ce travail, regardez !

Boulard exhorte la pauvre Marie à jeter elle-même un oeil au dossier.

- Ben M'sieur Boulard, vous nous aviez demandé d'arrêter l'acharnement et de passer à la phase deux, nous c'est ce qu'on a fait...
- Mais vous êtes... stupide, mais c'est pas possible nom d'un chien, vous savez lire ou quoi ?

Il lui arrache le dossier des mains, et lit à voix haute, d'un ton irrité :

- "En raison d'une trop grande clémence dans l'équilibrage de la destinée du sujet 44E6A, nom mortel : Aleks OnTheBlog, on suivra deux séries de mesures visant à rétablir les choses. La première consistera en une phase d'ennui maximal, de problèmes constants, et ce dans tous les domaines. La seconde visera à un progressif retour à la normale." Vous en déduisez quoi, Marie ?
- Ben j'en déduis rien M'sieur Boulard... J'veux dire, on a mis le paquet sur les troubles psychologiques du sujet, on lui a fait une vie familiale insupportable, et on en a même rajouté dans le plan professionnel. On a laissé durer un peu pis ben on est passés à la phase deux...

Il fronce les sourcils et se lève. Il lui montre un siège, tourne autour du bureau, puis se penche dangereusement au dessus d'elle de toute sa hauteur. La pauvre est terrorisée.

- Et en quoi consiste la phase deux, Marie ?
- ...R... retour à la normale, Monsieur.
- Bien. Et qu'est ce qu'une situation normale, Marie ?
- Une situation équilibrée, Monsieur.

Il se redresse, toujours contrarié, s'éloigne de quelques pas, lui tourne le dos, semblant réfléchir. Il se retourne ensuite, un air furieux sur le visage, et dit d'un ton sec :

- Et c'est sûrement ce que vous appelez une situation équilibrée ?
- Je...
- Taisez-vous, Marie, ça vaut mieux pour vous, écoutez. Ecoutez un peu, qu'on rigole. "Etat actuel du dossier : situation familiale : bonne. Réconciliation paternelle. Situation psychologique : Bonne. Quelques symptomes de manière épisodique - très rare. Situation professionnelle : Plaisante."

Elle baisse la tête, honteuse.

- Notez.

Elle se précipite sur un bloc de papier et un stylo, et commence à griffoner à mesure qu'il parle.

- Sujet 44E6A, nom mortel : Aleks OnTheBlog. Correctif : Maintenir intacte la situation professionnelle. Faire replonger le père dans l'alcool. Raviver la tension entre les parents. Peut-être bien remettre le frère dans la dépression... Non, non, restons en à une humeur irascible, pour le moment. Restons modérés. L'équilibre avant tout. Ajoutez.. Hmm... Problèmes financiers. Importants. Frustration. Vie sentimentale au point mort... Oh, tiens, tenez : prochaine rencontre : guitariste, 19 ans, blond, beau, gay. Qu'on rigole un peu. Vous avez noté ?

Elle hoche la tête rapidement.

- Bien. Ah et puis tenez, rajoutez lui un paquet d'oursons en chocolat. J'viens de voir qu'elle avait pas mal maigri, récemment.

Fuck. -_-"

Nouvelles de l'opération PIACAB (2)

Par Aleks :: 21/12/2007 à 0:21 :: Private Jokes

    Houston,


    Pas de bouteille de scotch aujourd'hui, j'ai malheureusement dû faire face à des évenements qui ont fait qu'il n'y eut pas trop des douze bouteilles qui me restaient pour me remettre d'aplomb. Je vous écris donc à présent depuis l'hopital militaire - où je me remets d'un coma éthylique assez costaud et dont les médecins ont eu quelque mal à me sortir - pour vous mettre au courant de la situation actuelle, et ma foi, vous demander conseil. Replaçons le contexte.

    Les stratèges de l'Est dont je vous parlais dans ma dernière lettre ont beau avoir eu un effet positif sur le moment, il s'est vite avéré qu'ils étaient meilleurs dans la théorie que sur le terrain, et rapidement, j'ai dû ré-autoriser les contacts avec l'agent M, d'autant plus que les hommes du département étaient bien plus enthousiastes devant cette approche qu'ils connaissent bien que devant le formalisme et l'objectivité toute théorique des nouveaux venus qu'ils admiraient pourtant. Vous êtes bien assez expérimenté, néanmoins, pour savoir que lorsque le contact est rompu, il est difficile de l'établir à nouveau, et qu'il faut donc agir avec prudence et réflexion, en sachant attendre le bon moment. Ce bon moment était, me semblait-il, arrivé, lorsque quelques officiers fhâkeux ainsi qu'un éminent politicien m'informèrent qu'ils se rendraient justement en visite officielle dans la zone d'action de l'agent M ce jeudi, et m'invitèrent à se joindre à eux. Naturellement, j'acceptai l'invitation et mis tout le département sur le coup, décidé à ne pas faire rater cette entrevue. Je dois d'ailleurs préciser que l'échec de l'opération n'est nullement dû à un manque de zèle de la part de mes hommes, puisqu'ils ont fait un travail très conséquent et, je pense, plutôt complet sur toutes les façons dont la rencontre pourrait se passer, jusqu'aux répliques que je pourrais ou ne pourrais pas tenir (devant la délicatesse de l'opération, j'avais bien entendu préféré me garder le rôle de médiateur plutôt que de le confier à quelqu'un d'autre). Mais la situation a pris une tournure que nul n'aurait pu prévoir et l'opération prise de contact a été ce que l'on peut appeler un fiasco pitoyable et total.

    Nous arrivons dans la zone d'action de M., demandons l'agent B. que nous voulions également (voire davantage, pour les personnes qui m'accompagnaient) rencontrer, et apprenons qu'il est, chose rarissime, en mission à l'extérieur. Pas de signe de l'agent M. Nous prenons donc la liberté, et vous ne m'en voudrez pas, de jeter un oeil dans un ou deux dossiers relatifs à votre propre département, sachant pertinemment que vous êtes en contact régulier avec la cible, et espérant donc trouver des informations quant à sa localisation actuelle. C'est rapidement chose faite. Nous rejoignons donc rapidement le couloir où nous pourrions le croiser (par un heureux hasard, évidemment), et ne tardons pas à constater que l'agent M ne s'y trouve pas. Nous n'avons donc plus qu'à quitter les lieux.

    "C'est ceci que vous appelez fiasco ?" me demanderez-vous. "Ce n'est pourtant qu'une suite de circonstances fâcheuses, vous aviez mal choisi votre jour, voilà tout." Patientez, Houston, patientez, le pire est à venir.

    Nous sortons, donc, et tombons sur un de vos collaborateurs (le même homme dont vous vous moquiez gentiment la fois dernière, en m'expliquant que malgré vos multiples répétitions, il ne parvient pas à se mettre dans la tête que vous ne fumez que des cigares et n'avez donc pas de cigarettes classiques sur vous), qui nous sauve la mise : il connaît en effet la localisation actuelle de l'agent M et nous l'indique avec toute la courtoisie et le professionnalisme qu'exige la situation. Rengaillardis, nous nous hâtons de nous mettre en place pour pouvoir le "croiser par hasard". Il sort, se retourne pour fermer la porte, nous apparaissons devant lui. Il ne semble pas nous voir. Après trois sollicitations de la part d'un de mes collègues, il semble enfin avoir pris conscience de sa présence, et engage la conversation avec lui. Je le laisse bien évidemment établir son propre contact avant de songer au mien. Mais lorsque les banalités d'usage ont été formulées, voilà l'agent M qui, sans même avoir la courtoisie de tourner son regard vers mon autre collègue, le politicien, et encore moins vers moi, prend la fuite, le regard rasant le sol (et de près). J'avoue qu'il m'a fallu quelques secondes pour comprendre qu'il venait purement et simplement de me filer entre les doigts, de refuser clairement le contact que je songeais à réétablir. A ce stade de l'opération, vous en conviendrez, on peut parler de fiasco.

    Je suis donc tout à fait perplexe vis à vis de la suite des opérations. Le département des fantasmes ne peut pas laisser tomber un dossier aussi important sans qu'il n'y ait eu de conclusion acceptable dont je puisse rendre compte, l'abandon est donc tout à fait impossible, en plus d'être abject en soi (sauf quand il s'agit d'un abandon de type hypokhâgneux, évidemment). Mais la collaboration de l'agent M nous est nécessaire pour parvenir à une conclusion, et le contact est, vous l'aurez compris, mal parti pour être à nouveau opérationnel. Sans compter que l'affaire est soumise à de nombreuses pressions, et que ma carrière pourrait dépendre de l'issue qu'elle aura. Mon impulsion première eut été de faire abattre M discrètement et d'accuser le premier pigeon qui passerait (la solution Dreyfus est presque une tradition militaire), mais j'ai bien peur d'avoir besoin de lui vivant. Quant à la torture, que j'ai également envisagée sérieusement (surtout dans les premières minutes qui suivirent l'échec de l'opération), nous savons vous et moi qu'elle risque de ne pas être très payante et de nous entrainer sur des fausses pistes plutôt que de nous faire trouver une solution viable au problème. La solution se présentera peut-être à moi une fois que je serai tout à fait remis de ce coma, en attendant, j'ose vous demander vos lumières. Au prochain échec de ce genre, j'ai bien peur de devoir quitter l'uniforme.

Private Joke - Nouvelles de l'opération PIACAB

Par Aleks :: 10/12/2007 à 9:06 :: Private Jokes
  
      
     Houston,


    Comme vous l'aurez pressenti en voyant que ma missive vous est accompagnée d'une bouteille de scotch de  vingt et un ans d'âge, les nouvelles sont bonnes concernant l'opération Philosophe, nom de code PIACAB* : j'ai le plaisir de vous annoncer que nous allons pouvoir éviter l'assaut qui nous paraissait aussi évidemment désastreux qu'inévitable il y a quelques semaines encore. Je ne vous surprendrai pas en précisant que nos soutiens italiens ne sont pour rien dans ce revirement de situation : leurs effectifs sont toujours pitoyablement bloqués au niveau du gouffre des Concours Blancs parisiens, et pour encore un certain moment hélas. Non, ce sont les politiques alsaciens qui nous sauvent la mise cette fois, à coups de déblocages de fonds et d'un généreux renouvellement d'effectifs. De tous nouveaux officiers, jeunes mais non moins brillants, sont donc arrivés hier à l'Etat Major et ont investi le département des fantasmes en y faisant une grande opération d'épuration et en confrontant les hommes au ridicule de leurs plans chimériques et/ou complètement tordus, et comme souvent, leur simple point de vue nouveau sur la situation nous a permis de sortir d'une impasse. Ces élèves de la nouvelle école semblent infiniment plus raisonnables, intelligents et implacables que nos troupes un peu plus expérimentées dont le moral et l'ingénuosité avaient tendance à dangereusement s'essouffler, et cette arrivée de sang neuf a été une véritable bouffée d'oxygène pour le département. Je vous informe donc qu'il n'y a plus de négociations à envisager avec l'agent M, et que notre section se contentera à son égard du minimum diplomatique requis par le monde civilisé (la devise de notre bon vieux sergent instructeur, quand nous gagnions nos premiers galons, n'était-elle pas "militaire, mais pas sauvage ?") Quant aux hommes du département fantasmatique, devant ce changement radical et ces nouvelles idées si implacables de logique et de raison, ils font profil bas et n'osent plus ouvrir la bouche que pour approuver les idées nouvelles rapportées par ces stratèges de l'Est. Comme je vous le disais, le calcul, le raisonnement et la discipline ont donc enfin repris leurs droits dans nos locaux, et je dois vous avouer que cette ambiance est bien plus saine et rassurante pour tout le monde que cette émulation étrange et irréaliste qui règnait depuis quelques temps ici. Même Maggie semble plus posée et moins maladroite, et le brandy ne s'en porte que mieux ; moi aussi.

*Putain Il A Cinquante Ans Bordel


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