Métablogging de comptoir, ou je ne poste pas, mais j'ai une bonne raison.

Par Aleks :: 04/06/2008 à 18:09 :: Considerations et exercices bloguesques

    Je ne sais plus qui disait que l'utilité du journal (intime, j'entends) était entière dans l'acte d'écriture, et que la preuve en était dans ce que ceux qui en tiennent ne se relisent jamais. Si ce je ne sais qui (il me semble qu'il s'agit d'un des frères Goncourt) dit vrai, alors c'est là une différence manifeste entre le journal et le blog. Peut-être cette différence vient-elle du fait que le blog étant un espace public pourvu de plus ou moins hypothétiques lecteurs, son propriétaire n'écrit plus pour lui seul mais pour un lectorat qu'il doit
séduire, d'où une attention bien compréhensible portée au style de ses articles ; d'où, aussi, une perte de sincérité due au rôle que l'auteur-amateur sera tenté de jouer : je me rappelle d'un bloggueur qui m'avait dit ne savoir écrire qu'en adoptant le parler d'un connard prétentieux (Je le salue au passage). Alors, si effort il y a eu, on peut-être tenté de se relire, à la fois dans un but de masturbation intellectuelle ("Ce que j'écris bien !") que dans un but plus avouable de progrès (affuter sa plume, ou plutôt son clavier). Sans compter que la relecture peut aussi être justifiée par un simple attachement aux lignes que l'on aura préalablement tracées, attachement on ne peut plus narcissique il est vrai (puisque relié à une contemplation et de soi, souvent sujet de l'article, et de l'article lui-même, que l'on aura écrit soi-même).


    Tout ça pour dire que j'ai souvent relu ce blog, et que je le relis régulièrement, comme un livre qui aurait la place d'honneur sur ma table de chevet depuis des années (pourtant, il n'est pas si vieux), et dont je connaitrais certains passages au mot près. Les motifs de ces relectures sont grandement narcissiques, c'est vrai, mais pas seulement : j'accorde à ces pages une valeur sentimentale particulière, comme s'il s'agissait d'une fiole dans laquelle j'aurais emprisonnée ce que je regarde à présent comme une crise d'adolescence un peu tardive. Mimy, il me semble, avait reprise à ce sujet l'image de la pensine, il y a un peu de ça. Une boite à souvenirs que l'on remue par moments. Le seul défaut - à mon avis - de la pensine imaginée par Mme la première fortune d'Angleterre, est que lorsque le héros décide de replonger (et c'est littéralement le cas) dans un souvenir, il s'y trouve immergé en gardant son moi de départ, et peut même rencontrer son moi de l'époque. Il a donc malgré lui un recul inévitable sur le souvenir en question, et ne le vivra pas comme Proust goutant une madeleine, mais comme des adolescents que l'on forcerait à regarder un film de famille et qui mouraient de honte en se voyant sur le pot, grimaçant à la caméra. "Quoi, c'est moi,
ça ?"Un "Pfff" méprisant suivi d'un départ en trombe serait d'ailleurs une réaction tout à fait normale pour voiler le joli sentiment de honte qu'ils ressentiraient alors.


    J'ai le même problème avec ce blog. Outre la peur d'avoir à accueillir un lecteur indésirable, à savoir une personne de ma connaissance, ou pire, une personne qui en prendrait ici pour son grade sans le mériter vraiment (car le problème du défouloir, c'est l'absence de justice), je me retrouve parfois en relisant mes mots devant une incompréhension voire une négation problématique. Je ne me reconnais pas, et c'est bien normal, puisque le temps passe et que je suis censée mûrir petit à petit, et donc avoir une vision plus raisonnable des choses. Je me trouve ingrate les quelques fois où je lis des allusions à M-W, je me trouve geignarde dans les "Lamentations Nombrilistes" autant que dans la section "Prépa", et je n'assume pas ce mépris à l'égard des fhâkeux qui teintent mes premiers articles d'"Aleks et la fac" (fhâkeux qui sont tout de même, il faut le rappeler, mes amis, et qui sont bien loin du cliché que je voulais bien voir en eux en arrivant). Seules les "Chroniques Aleksiennes", que j'ai voulues moins personnelles, continuent de me plaire.

    Alors non je ne supprimerai pas ce blog, puisque je suis à peu près certaine d'en ouvrir un nouveau à peine un mois après cette suppression - attention, blogguer entraine une accoutumance. Mais je tenterais bien de lui donner une impulsion différente, une orientation nouvelle. Rien ne sert de parler autant de soi, si c'est pour ne plus se reconnaître ensuite. Mais rien ne sert de ne plus parler de soi non plus, puisque c'est le principe de base du blogging, et que je suis par ailleurs bien trop habituée à me mirer ici le nombril pour me sevrer sur un coup de tête. Je ne sais pas exactement ce que seront les prochains articles, j'aimerais simplement alimenter davantage la catégorie des" Chroniques", continuer la série commencée par Pâle Neige, peut-être, ou bien garder ce ton de pseudo-naturaliste assurée de sa supériorité (cf. les articles "..et la Fac"), mais alors en collant un peu partout des pancartes "Attention, second degré." Boarf. On verra. En attendant, vous l'aurez deviné, pas de postage intempestif : je réfléchis, et c'est une opération qui peut s'avérer très lente.

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Par Aleks :: 27/03/2008 à 1:09 :: Considerations et exercices bloguesques

Le sept septembre, j'ai commencé une "réécriture", si l'on peut appeler cela ainsi, de Blanche Neige, mixée d'une pointe de Petit Chaperon Rouge par ci par là. Réécriture reposant presque entièrement sur un jeu de mots. Bientôt, prise par le tourbillon prépateux, j'abandonnai là mon ébauche. Je l'ai retrouvée il y a quelques mois, mais me suis vue incapable de pénétrer à nouveau le jeu de mots supposé être au centre de l'histoire. Ce soir, relisant le brouillon par curiosité, la lumière s'est rallumée quelque part dans mon cerveau. Il s'agit d'un jeu de mots particulièrement dégueulasse, quand même. Et la réécriture se veut particulièrement libertine.

Néanmoins, et même si ça fait très prétentieux de le dire (de toutes façons, vous commencez sûrement à être habitués), je trouve que le style adopté est particulièrement plaisant. En tout cas, à moi, il me plaît bien.

(De manière générale, je trouve que j'écrivais mieux en prépa, de toutes façons, sûrement l'influence du milieu)

J'hésite.
Est-ce que je publie quelque chose qui pourrait tourner dans le pervers ?

(Non, parce que ça n'est pas encore fini, mais franchement, vu la tournure que ça prend... ça va devenir franchement... olé olé, disons.)

Par Aleks :: 23/03/2008 à 0:10 :: Considerations et exercices bloguesques

Sérieusement
, j'ai pas le temps de poster.
Mercredi. Promis.

(et Zed, je suis complètement jalouse de tes playmobils)
(j'tenais à le dire, oui.)

Six choses pour entacher la perfection - titre ô combien plein de modestie.

Par Aleks :: 23/02/2008 à 21:49 :: Considerations et exercices bloguesques

Il paraît que mes articles sont obscurs. Ceux qui sont d'accord, votez 1, ceux qui ne le sont pas, 2. Si vous pouviez développer, aussi... c'est dans l'intérêt du blogounet - et ça, c'est de la bonne cause. En attendant, donc, et pour alimenter tout de même la bête durant cette période de réflexion méta-bloguesque, je me plie à mes devoirs nombrilistes de membre de la communauté blogueuse, et réponds au tag que Mademoiselle Bulle m'a adressé.
  • Mettre le lien de la personne qui vous tague
  • Mettre le règlement sur votre blog
  • Mentionner six choses/habitudes/tics chez votre petite personne
  • Taguer six personnes à la fin de votre billet en mettant le lien de leur page perso
  • Avertir directement les personnes taguées
Vous l'aurez compris, il s'agit de dévoiler à ses lecteurs six habitudes, ou encore si tics (tout de suite, ça sonne plus péjoratif) récurrents chez soi. Je pourrais vous parler de ces quatre vingt abdos que je fais inlassablement tous les matins avant de sauter du lit, de cette manie de propreté qui ne me laisse pas une seconde de répit, de cette soif de savoir que je parviens pas à étancher malgré les quarante deux ouvrages que je lis par jour - en VO, évidemment -, mais au final, j'ai peur que vous ne m'idéalisiez de trop, que le processus d'identification du lecteur ne s'effondre ensuite en miettes, et que le blog ici présent meure d'inanition, parce que c'est bien connu, les gens parfaits sont chiants et n'ont jamais rien à dire (Comment ça, "pas sûr" ? Ne me dîtes pas que vous avez échappé, étant petit, à Comment devenir parfait en trois jours ?). Alors non, je ne mentirai pas. Aujourd'hui, en direct et en toute exclusivité, voici donc un petit échantillon des tics qui font parfois de moi quelqu'un de pénible...

  • Catégorie Super Manie (huhu) : N'importe où, n'importe quand.
    "Encooore ? Mais tu viens d'en fumer une !" Sans hésiter, la manie qui imprègne le plus et ma personne et mes vêtements ("Hmm, tu sens bon la cigarette !"), c'est la clope. Non pas que ça soit particulièrement pénible pour les fumeurs, j'entends, qui sont en général contents que je propose toutes les cinq minutes de sortir dans le vent glacial, et pourquoi pas sous la grêle, histoire de nous en griller une dans la joie et la bonne humeur, mais les non fumeurs, eux, semblent avoir plus de mal, notamment quand ils me voient m'adonner au sacro-saint rituel du café-clope-du-matin, environ quinze minutes après le réveil... Il paraît que ça les dégoûte. Allez comprendre. Moi, au moins, je ne me régale pas de lait qu'on a laissé fermenter jusqu'à la moisissure dans des caves obscures de normandie...

  • Catégorie manie au volant.
    Je les déteste, et pourtant, je fais comme eux... j'ai une conduite de petit branleur. J'évite heureusement à l'analogie avec les fans de tuning, mais de peu, de trop peu, dirais-je. Oui, je le confesse avec honte, je ne peux et ne veux me résoudre à conduire l'automatique de Papa qu'en faisant un kick-down pour le moins bruyant à chaque démarrage, et le fait de voir les twingos disparaître très rapidement de mon rétroviseur me laisse un sentiment de satisfaction profonde. Mais que l'on se rassure, en général, l'accompagnateur zélé, c'est M-W, et dans ces cas là, je rentre très vite dans le rôle de la jeune conduite accompagnée docile et douce... surtout depuis que j'ai testé le démarrage "je fais crisser les pneus" avec sa voiture, et donc avec la réaction qui va avec...

  • Catégorie tics de langage.
    Comme de nombreuses personnes de ma génération de "djeuns", je n'échappe pas aux grands classiques des "trop", "grave", "c'est clair", mais que l'on se rassure, je plane encore au dessus de l'abime des "lol" et "mdr" oraux - parce que si, mesdames et messieurs, le ridicule tue, et non, je ne veux pas mourir d'une façon aussi indigne. Mais cela ne s'arrête pas là, je suis également vulgaire par moments. Si si, ça m'arrive. Environ quatre vingt dix pour cent du temps. Il est donc assez rare que je reste plus de dix minutes sans jurer, ou sans faire de sous entendu scabreux, ce qui est pour le moins handicapant dans les situations où l'irréprochabilité langagière est de mise.

  • Catégorie personnalité merdique.
    Nous avons tous des manies liées à notre caractère, cela semble évident, mais encore une fois, si notre personnalité présente certaines tares, nos habitudes en deviennent les cruels signaux. Or, étant une prétentieuse maladive dotée d'un orgueil à faire pâlir Alain Delon, il est aisé de deviner que je déteste avoir tort. Jusque là, rien d'extraordinaire, me direz-vous. Oui... Sauf qu'il faut également prendre en considération le fait que "ce qui se conçoit bien s'exprime clairement", et que rien ne m'arrive moins aisément que les mots me permettant d'articuler un raisonnement à peu près logique. D'où le fait inévitable que j'aie toujours tort. Sic.

  • Catégorie rituel.
    Comme toute personne particulièrement routinière, et dont la vie n'est pas forcément des plus exaltantes, je m'enferme avec plaisir dans mes petites habitudes, qui sont parfois réglées à heure fixe. Ainsi, le rituel du café est un incontournable de la journée de cours, comme de la journée de congé, d'hospitalisation ou d'apocaylpse et de jugement dernier. Il me faut mon café post réveil, mon café pré-premier cours (ce sont bien deux cafés différents), mon café post cours, mon café re-pré cours, mon café post journée de cours, mon café arrivée-à-la-maison, mon café pré-soirée, et parfois mon café la-nuit-sera-longue. Il paraîtrait que je dépasse la quantité limite pour la santé... Mouais. J'y crois pas trop.

  • Catégorie "Ne Demandez pas à vos Amis".
    Les manies que vous, ne voyez pas, et ne considérez de toutes façons absolument pas comme telles, mais sur lesquelles pourtant vos amis ne vous ratent pas. "Stressée-Coincée-Bourge", qu'ils vous qualifient, parce que vous avez le malheur de parfois lever l'auriculaire en buvant votre café, ou encore et surtout parce que vous avez l'atroce, l'impardonnable, l'infâme manie de vous recoiffer en n'usant que d'un doigt (le majeur, principalement). Et parce que les autres, eux, utilisent toute leur main. Pff. Tous des bourrins, de toutes façons. La délicatesse n'est jamais reconnue à sa juste valeur.

Voilà. Je ne suis donc pas parfaite - qui l'eût cru ? - , et pour continuer la tête haute, le règlement m'autorise à faire, de même, s'humilier six personnes. Prenne qui voudra.

Par Aleks :: 07/01/2008 à 22:30 :: Considerations et exercices bloguesques

Le blog et son heureuse propriétaire sont dorénavant dans une phase de réflexion.

Veuillez nous excuser du dérangement occasionné (des fois que ça réflexionnerait trop fort).

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