De l'incompatibilité de l'intellect et de la coolitude, ou prétexte à conclusion.

Par Aleks :: 10/06/2008 à 2:13 :: Aleks et la fac
[Tout ce qui précède la chute de cet article est
honteusement exagéré : toutes les répliques sont
vraies, mais je force quelque peu le trait en ce qui
concerne le "bizutage" et l'ambiance générale de travail.
Mais c'était ça, ou l'article ne conservait que la
dernière ligne... ;) ]

   
    Au MakDeau, on a tous une image. Mais attention, pas une image qu'on se choisit soi-même, et qu'on doit entretenir par tous les moyens pour rester dans le top dix de la coolitude, non... Une image bien plus perfide, odieuse, parfois, une étiquette que l'on nous colle le jour de notre arrivée en tant que pauvres nouveaux déboussolés et intimidés par ces "biiip" qui sonnent de partout et par les gens qui courent dans tous les sens en criant "okay" à longueur de journée ("Okay j'ai plus de *biip*", "okay j'en relance", "okay dépêche toi", "okay c'est lancé", "okay combien de temps ?" "Okay trois minutes", etc). Vous vous avancez timidement et ouvrez le dialogue par un naïf : "Salut, j'suis nouveau... heu... j'fais quoi ?" (comme ce fut à peu près mon cas), vous êtes catalogué "coincé", et l'on s'amusera à vous mettre mal à l'aise en vous posant des questions du style : "Hé... t'avales ?", à une heure du matin (ou pire : "Hé, tu te laisses gicler dessus ?" Je vous laisse imaginer la couleur de mon visage à ce moment). Vous entrez en scène rapidement, refusez de vous laisser marcher sur les pieds par les anciens,  et poussez l'affront jusqu'à ne pas prendre vos repas en leur compagnie ? Vous entrez alors dans le groupe des chieurs, et alors, heureusement que vous ne mangez pas avec le reste du personnel, parce qu'il vaut mieux pour vous que vous ne sachiez pas ce qui se dit sur votre compte dans la salle de pause. Vous êtes charismatique de nature, déconnez facilement tout en apprenant vite, et vous avez vite su faire ami-ami avec les bonnes personnes ? Vous êtes classé "aspirant ancien", respecté de tous, chouchou des managers qui blaguent avec vous pendant que d'autres sont envoyés balayer. Qu'on se rassure, dans tous les cas, tout nouveau qui termine avec brio sa période d'essai passe rapidement au grade d'"aspirant aspirant ancien", et s'il sait qu'il n'appartiendra pas de sitôt au groupe d'influents qui règne sur les lieux, il sera toutefois rapidement consolé en remarquant que tout le monde est bien plus sympa avec lui qu'auparavant. Et oui. Dans la restauration rapide comme ailleurs, on préserve la belle tradition du bizutage, ou de l'intégration, pour parler politiquement correct.

    Mais quand-même. Les étiquetés coincés, même s'ils déconneront vite avec les anciens-super-cools, resteront étiquetés coincés. Plus encore s'ils s'enfoncent malgré eux. Prenons un exemple au hasard... tenez, le mien. D'aucuns ricanent déjà de me savoir étiquetée coincée, je les renvoie amicalement préparer leurs partiels de pipoteurs (tsss). Je dois d'abord dire pour ma défense que j'avais des atouts de taille pour cette qualification : je fais des études de lettres, mais non contente d'en faire, il arrive souvent que j'en parle. Or, apprenez, très chers, qu'une phrase innocente telle que : "P'tin, j'finis dans une heure, j'en ai trop marre, j'ai trop envie de rentrer, en plus j'ai acheté un bête de bouquin tout à l'heure..." aura sur votre image des conséquences horriblement négatives. Le pire, c'est que vous le saviez, mais vous n'y pouvez rien, ça vous a échappé... (et puis c'est vrai, quoi, il a l'air trop bien, ce bouquin). Vous passez déjà du statut de coincée à celui d'intello-coincée. Continuons. Dimanche après-midi, pas un chat en salle, et deux collègues qui débattent sur, si on en juge par leur animation, le sujet du siècle. Vous vous approchez pour entendre quel est le sujet du conflit, et bien évidemment, on vous prend à parti : "Franchement, à ton avis, c'est quoi les limites qu'on a, dans la vie ?". Comme la conne que vous pouvez être quand vous vous y mettez, vous répondez innocemment qu'au delà des limites légales que l'on se doit de respecter si l'on tient à maintenir l'ordre, et des limites physiques qui sont naturelles et physiologiques, tout le reste est relatif à l'environnement et à la culture, et vous vous apprétiez à citer Diderot lorsque l'on vous rétorque un "Non mais, heu... en gros, coucher avec plusieurs mecs, c'est du non-respect de soi, nan ?". Boum. Votre statut d'intello est renforcé, vous passez au grade d'intello force deux.

Du coup vous faites gaffe, vous parlez même en verlan, de temps en temps, et jurez plus que jamais, histoire de rappeler à vos collègues (y compris les autres intellos qui jouent le même jeu de camouflage que vous) que vous êtes humain, tout-de-même. Et puis malgré vous, vous assistez, impuissant, au retour au galop d'un naturel quelque peu pédant, grâce aux commentaires de vos collègues (l'une d'elle à une petite fille : "Elle, c'est Aleks, c'est une intello, tu vois, elle a des lunettes", ou encore "Non mais j'étais sûr que tu serais prof, t'as le physique de l'emploi") autant que de vos clients ("'Tin elle est sévère !", et autres réjouissances). Bien sûr, ça n'est pas méchant, d'autant plus que le milieu est fortement peuplé d'étudiants, mais tout-de-même, il y a des réflexions qui reviennent parfois un peu trop souvent à votre goût... Alors vous vous taisez, vous vous taisez encore, et vous devenez même vraiment stupide, parfois, juste histoire de vous désimprégner de cette image. Et ça marche !

Enfin... ça aurait pu marcher. Ca aurait pu. Si vous n'aviez pas commencé aujourd'hui votre journée en disant d'un air radieux à un de vos collègues :

"Hé, en fait, tu sais quoi ? J'ai eu mes résultats, je majore !"

Rattraper le temps ou la révision intelligente.

Par Aleks :: 13/04/2008 à 23:16 :: Aleks et la fac

    Cet article est dédié à ceux qui, à cause d'un job un peu envahissant, d'un conjoint un peu exigeant, ou d'une flemme un peu colossale, se retrouvent toujours à compter les heures qui leur restent avant le moment fatidique de l'examen. Non, vous n'êtes pas contraints de faire un sacrifice, non, vous ne devez pas choisir entre les études et le reste. Combinez le tout.

- J'voudrais un big... heu non... une boite de 6... non pardon, heu... c'est quoi le nouveau, là ?
- Le CBO, Madame. Au passage, je vous remercie d'avoir choisi ma caisse et non une de ces bornes électroniques que vous voyez là, car vous me permettez de confirmer l'idée de primauté de l'oral que l'on m'a inculquée, et d'observer en direct une construction d'une phrase avec correction simultanée sur l'axe paradigmatique du langage. Si vous aviez choisi la machine, certes, j'aurais pu me précipiter sur cette poubelle, là bas, tout au fond, que vous voyez déborder d'ici, mais est-ce en changeant les poubelles que Monsieur de Saussure a découvert tout ce qu'il nous a légué, hmm ?

- On a une commande insérée !
- D'accord. Sinon, tu savais qu'en grammaire, on distinguait deux types de proposition insérées ? On a les incises et les incidentes. Les incidentes servent en fait à insérer, comme leur nom l'indique, un commentaire du locuteur. Par exemple : "Il ne pleuvra pas, du moins je l'espère, ils ont prévu du beau temps à la météo", et ben, "du moins je l'espère", c'es une proposition insérée incidente. Ouais, c'est fascinant hein ! Hein ? Ouais, j'peux t'lancer les boissons, ouais, pourquoi ?

- Vas-y, retourne au bled, là, on a pas qu'ça à faire, bouffon...
- Monsieur, je me permets de vous dire, en dépit du fait que le ton de votre remarque semble plus amical qu'autre chose, et que les relations que vous semblez entretenir avec votre interlocuteur semblent des plus cordiales,  que votre remarque ne saurait être excusée par les meilleures intentions du monde. Savez-vous que si nous laissons échapper si facilement des remarques à connotations racistes, c'est que nous avons en quelque sorte été conditionnés au racisme, et ce depuis des siècles ? Le racisme biologique, par exemple, a commencé à se développer en France - sous des prétentions honteusement scientifiques - dans les années...

- Mon coeur, tu peux aller voir la météo, vite fait, pour notre week end en amoureux ?
- Ah, internet, que ferions nous sans toi ! (Oui oui j'y vais mon amour). Mais sais tu qu'internet était au départ un réseau réservé à l'armée américaine et aux universités du même pays ? C'est Clinton, de fait, qui l'a ouvert au public. LE nouveau média, incontestablement, et ce malgré les difficultés bien connues des années 2000 (le nombre de boites qui ont fait faillite, c'est vraiment triste). En fait, on se demande même si ce média n'est pas en train de chasser la télévision, peu à peu... Drôle, non ? Jusque là, les médias avaient les uns par rapport aux autres un rôle plus complémentaire qu'autre chose... "La radio alerte, la télé montre, la presse explique", mais internet, internet ! Son, image, texte, vidéo ! Est ce que tu savais que les dépenses publicitaires sur le web avaient augmenté de 46% l'an dernier ! T'inquiète que les mecs ont flairé le coup... Bon, le problème, maintenant, c'est la rentabilité... Par exemple, le site du Monde, tu vois, et ben...

- Tu ne m'aimes pas. Moi, je t'aime comme tu es.
- Alors là, permets moi de te dire que tu viens de sortir une ânerie digne du livre des records. Tu ne m'aimes pas comme je suis, et je ne t'aime pas comme tu es. En fait, on croit s'aimer, mais c'est tout. Est-ce que la notion de cristallisation te dit quelque chose ? Non ? Mais tu n'as pas lu Stendhal ? Bon, je vais t'expliquer. En fait, nous partons tous avec un idéal déjà en tête, et c'est...

- Vas-y, mais quelle connasse, elle comprend rien...
- "Ta mère fit un pet foireux / Et tu naquis de sa colique."
- T'as dit quoi là ?!
- Excusez moi Monsieur, un vers d'Apollinaire qui m'est soudain revenu en tête.
- Un verre de quoi ?


[Bon. Maintenant, j'vais réviser, parce que bon...]

"Université de XXX vous a envoyé un message sur Facebook..."

Par Aleks :: 05/04/2008 à 8:39 :: Aleks et la fac

Tiens, marrant. Alors alors, qu'est ce que c'est... Non... Oh le boulet !


Et ouais. Y a un gars de ma fac qui a tenté et loupé la Nouvelle Star. Qu'on la loupe, d'accord, mais qu'on la tente... Le plus drôle, je pense, c'est surtout qu'actuellement, je vois pas vraiment qui c'est, mais attends deux secondes que je le croise, et c'est bon, dans ma tête, il deviendra pour toujours "le boulet qui a tenté la nouvelle Star." Et puis bon, ce qui fait surtout sourire, au delà de ça, c'est qu'après ce fameux message, le délateur du fameux Anthony envoie :

"Attention, je précise au passage, il n'est pas question de se moquer de lui! je signale simplement qu'une personne de la fac est passée à la nouvelle star, et que ca fera sourire tout le monde.
Donc je ne veux faire de mal à personne, je ne fais que signaler à tout le monde."

Ah pardon, on aurait pu faire la confusion : c'est pas pour se moquer, hein, c'est juste pour que touuuuute la fac soit au courant. Et puis quoi, comme si l'étudiant de base était moqueur...

Le partiel.

Par Aleks :: 31/03/2008 à 16:27 :: Aleks et la fac
[J'ai dit mercredi/jeudi, pour Blanche Neige...
En fait, j'ai re-oublié la fin, donc bon, ça va
être un tantinet compliqué, pour moi.. ^^"]
[Sinon, rien à voir et juste pour me la péter,
j'viens de ramasser un 19 en grammaire.
Ma prof de grec serait fière de moi.]

    Le partiel, pour tout étudiant qui veut valider son semestre ou ne serait-ce que conserver sa bourse, est un examen à ne pas négliger, sous peine de se trainer à la fac en juin pour passer les rattrapages.  Ainsi, l'insouciance voire l'indifférence générale qui règne habituellement laisse place, le jour d'une épreuve, à un stress bien compréhensible pour qui n'est venu en cours que très épisodiquement, et se retrouve quelque peu "en galère" au mieux, "complètement dans la merde" au pire. Chose amusante et particulièrement représentative de ce stress : la forte proportion d'étudiants arrivant en avance, renversant pour un jour la proportion habituelle des vingt cinq pour cent de retardataires. Parmi eux, quelques maniaques des fiches récapitulatives - souvent bien vides -, ou encore quelques accros à la nicotine qui chargent leurs poumons avec zèle avant de pénétrer l'antre où ils devront bientôt composer, mais aussi et surtout... un énorme troupeau d'étudiants se précipitant dans l'amphi une bonne demi-heure avant le début de l'épreuve. J'avoue que la chose m'a laissée quelque peu perplexe en arrivant, mais, la scène se passant dans la matinée, et n'étant donc moi-même que très mal réveillée, j'ai abandonné mes préoccupations naturalistes pour le rituel indispensable de la cigarette caféinée.

    Cela fait, je pousse enfin la porte de l'amphi, et comprends immédiatement la raison de l'empressement constaté quelques dix minutes plus tôt. La salle est, si l'on peut dire, remplie par le fond, les places "côté mur" semblant avoir un attrait tout particulier pour l'étudiant moyen en quête de validation semestrielle. Du fond de la salle, un bras se tend vers moi et me fait signe de venir ; docilement, j'obéis, et retrouve là mes compagnons habituels, qui, comme les autres, semblent avoir longuement étudié la topologie des lieux avant de choisir l'emplacement du champ de bataille. Tout en agrémentant leur papier précedemment vierge de ce qu'ils appellent des "pense-bête, juste pour ne rien oublier", ils me font part des études qui ont mené à leur choix, exposé ponctué de "Machin, surtout, tu bouges pas, t'es pile dans l'axe de ma feuille, c'est parfait." Quelque peu déconcertée, il faut l'avouer, je sors pourtant mes instruments sans mot dire. Après tout, je respecte la règle du jeu, eux, non, mais ma foi, ça n'est pas mon affaire. Et puis bon... eux ont fait acte de présence à la majorité des cours, ce qui n'est déjà pas le cas de tout le monde. Non, c'est juste dommage, parce que l'un d'entre eux, tout spécialement, n'a vraiment pas besoin de s'abaisser à ce genre de pratiques.

    Peu à peu, la salle se remplit, et les professeurs entrent enfin, tenant en main le précieux sujet sur lequel nous auront l'honneur de composer pendant deux heures. Distribution silencieuse, les stylos commencent à gratter, et l'on entend déjà plus que de légers "question 1, c'est quoi ?", "les caractéristiques du signe linguistique ?" ponctués de ci de là de soupirs profondément révélateurs. Le sujet, quant à lui, n'est pas bien corsé : question de cours, question de cours, question de cours, oh, et puis tiens, question de cours. Tout au plus un exercice d'application des théories expliquées pendant le CM pour clore les festivités. Ayant particulièrement bien géré l'alternance hamburgers/révisions, tout roule pour moi.

"Vous ne sortez pas avant dix heures et demie."
Dix heures trente et une. La moitié de la salle
fait la queue devant le bureau pour émarger.
Moi aussi.


"Alors, comment ça se passe ?"

Par Aleks :: 26/03/2008 à 16:33 :: Aleks et la fac


    Comme, apparemment, les statistiques annoncent des chiffres déplorables concernant les échecs en première année à l'université, le gouvernement a pris des mesures pour essayer de changer la donne (qu'on en pense ce qu'on voudra). Parmi ces propositions, un entretien avec le "professeur référent" pour faire le point, en fin de semestre. Evidemment, je n'ai pas échappé à cet "accompagnement", et ai rencontré ce matin mon professeur référent (enfin, je suppose que c'est son statut) malgré vingt minutes de retard de la plus mauvaise impression (réveil difficile, quand tu nous tiens).


    J'adore cette prof. Je l'adore d'autant plus que les critiques vont bon train à son sujet, mais que ces critiques sont de purs compliments, même si leurs auteurs ne s'en rendent pas forcément compte dans leur persiflage. On en veut aux gens d'être bons orateurs, maintenant... allez comprendre. Pour moi, je ne peux qu'apprécier un cours aussi vivant - presque remuant, parfois - que le sien, et le fait de vouloir donner à un CM un côté "résistons, et sauvons la recherche" est loin de me gêner. Enfin, question de goûts, je suppose... mais qu'on ne vienne pas ensuite se plaindre que certains cours sont chiants à mourir, on n'aura eu que ce qu'on demandait. Double doctorat lettres et histoire (Gogole, prends exemple :p), un sens critique à en miner les terrains que vous croyez naïvement les plus sûrs, un talent certain pour poser les questions les plus difficiles sur les sujets que l'on penserait les plus simples, une bonne foi et une capacité à se remettre en question à toute épreuve, si tant est que vous lui donniez l'occasion de vous les montrer... Une encyclopédie dans la tête, bien sûr, une réflexion impressionnante, une ironie mordante, une implication constante pour toutes les causes qui valent la peine d'être soutenues. Vous l'aurez compris, cette prof, c'est pas de la gnognotte.


Elle a un léger accent, aussi, j'aurais tendance à dire qu'elle est de Bordeaux, mais étant très nulle à ce jeu là, je suis presque sûre de me tromper.


Bref.


Toujours est-il que cette prof est géniale, mais fichtre, c'est tout de même un volcan - en tous cas, c'est l'impression qu'elle donne quand on est en cours. En nage d'avoir sprinté jusqu'à la fac, rouge comme pas possible, donc, j'entre dans son bureau et m'excuse de mon retard tout en rejetant, comme toujours, la faute sur les innocents cheminots qui pour une fois, pourtant, étaient à l'heure sur ma ligne (je suis mauvaise langue, ils ne sont pas si souvent en retard que ça, en plus). Il faut dire que le dit bureau était tellement bien caché que j'avais mis dix bonnes minutes supplémentaires à le trouver...



    Au final, elle n'est pas si volcanique que ça, en fait. Un khôlleur m'aurait démonté pour dix minutes de retard, elle m'a accueilli avec enthousiasme alors que j'en avais vingt. Evidemment, c'était prévisible, j'ai du ressortir tout le baratin "prépa" que j'avais judicieusement gardé quelque part, au fond d'un tiroir. Peut-être sous son influence ai-je accentué le côté "petit bourgeois" quelque peu déplaisant ; je n'en fais part que lorsque mon interlocuteur est disposé à le recevoir sans s'effaroucher, et elle-même me semblant plus rouge qu'Hugo, la chose est venue d'elle-même. Toujours est-il que je peux vous le confirmer, c'est valorisant, de sortir de prépa, même quand on y est resté que deux mois. Peut-être qu'au final, le bon calcul, c'était d'y rester sans rien foutre une année entière, et de jouir ensuite du prestige usurpé bien tranquillement ?... Bref, je m'égare. Oui, donc, c'est valorisant. En général, les profs aiment bien (hormis bien sûr ceux qui sont trop impliqués dans la célèbre gueguerre prépa-fac pour pouvoir accueillir l'ennemi de bon coeur). Ils espèrent sûrement que vous en aurez gardé des méthodes de travail efficaces, du courage, de la résistance physique, un latin parfait, un moral d'acier et des réserves de caféine impressionnantes. En revanche, le contrat de vingt heures à côté, oulala, ils aiment moins, hein. Beaucoup beaucoup moins. "Enfin, si vous en avez besoin... essayez de bien gérer". Ben ouais, ça s'rait cool, quand même.


    Elle m'a demandé si j'avais commencé à préparer les rattrapages du premier semestre. J'ai honteusement menti. En un sens, pas tout à fait : j'ai commencé, puisque je me suis procurée quelques cours. Mais en même temps... peut-être serait-il plus productif de me procurer le reste, et surtout, d'envisager de m'en servir. Enfin. Le travail dans l'urgence a également ses charmes...


[à suivre, la fourbe question de l'orientation...]

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