« J'ai arrêté la prépa »

Par Aleks :: 15/11/2007 à 20:14 :: Aleks et l'hypokhâgne
[cet article est mal écrit, mais j'assume.
Les gens qui lisent et qui commentent jamais,
 vous voulez pas vous manifester,
 juste pour que je puisse me rendre compte ?
 Parce que mes stats et mes commentaires
sont un peu disproportionnés, là, et je sais
 pas si c'est seulement la faute à Google qui réoriente
 mal les pervers ou si c'est seulement dû à votre timidité]


Quand je leur dis, c'est toujours la même question. « Tu as bien réfléchi ? Pas de regrets ? ».



Comme dirait Guy Moquêt (voilà, c'est fait, comme ça si
quelqu'un de l'internat passe par là, le doute ne sera plus
possible ^^), "je n'ai aucun regret,

si ce n'est de vous quitter tous".


    Bien réfléchi, je ne sais pas, j'ai préféré sentir les choses que les penser. Les quinze jours de « réflexion » de la Toussaint m'avaient poussé à continuer, les deux jours de la rentrée m'ont déterminée dans l'abandon. La démission, plus précisément. Ca sonne moins baisse-les-bras.

    Parce qu'attention, c'est vite fait. En une journée, dans l'esprit de certains, je passe du statut de brillant élément de l'élite intellectuelle française à une pauvre merde parmi tant d'autres qui va aller moisir sur un amphi. Comment ? Réussir en fac ? Vous n'y pensez pas sérieusement ! Enfin ! Chacun sait que la vie n'est composée que de deux catégories de gens : les hypokhâgneux, et les autres. Et Dieu sait que les autres ont une vie pathétique d'ennui et de misère alors que les premiers frémissent quotidiennement sous leurs douces mais non moins intenses aventures intellectuelles. Pas étonnant, finalement, que les prépateux ne soient pas spécialement aimés en fac, étant donné le comportement prétentieux de certains d'entre eux... Certains, attentions, pas tous non plus. La grande référence qu'est Didier Super l'a parfaitement formulé : « Y en a des biens ».

    Il y a aussi ceux qui m'ont regardé d'un air désolé pour moi quand je leur ai annoncé la nouvelle ; j'ai presque eu droit à leurs condoléances. Ceux qui comprennent, tout simplement, et qui sans s'apitoyer sur mon sort mais sans me frapper et m'accuser de « cracher dans la soupe » non plus, m'ont souhaité une bonne continuation en fac. Ceux qui m'ont confié qu'ils m'enviaient d'avoir osé arrêté. Et puis les filles de l'internat, qui m'ont offert mes seuls vrais bons souvenirs de l'hypokhâgne et des souhaits sincères de réussite en lettres.

    Pourtant, je ne me sens pas spécialement baisse-les-bras, je ne me sens pas spécialement « feignasse », pour reprendre le terme de Mr Prof de Littérature de Terminale (avec un sourire, il peut se permettre toutes les réflexions qu'il veut, de toutes façons). Je n'ai pas glandé pendant ces deux mois, je n'ai même jamais autant lu, fiché, rédigé, approfondi, et travaillé. J'ai même peu dormi... Mais le problème n'était pas tellement la dose de travail, même s'il faut avouer qu'elle était très conséquente, ni même mes résultats, qui n'étaient pas mauvais quand on les comparait à ceux des autres. Le problème, c'est que je faisais quelque chose qui ne me plaisait pas. De l'approfondissement total, d'accord, mais en tellement grande quantité qu'on en arrive à devoir tous les survoler pour pouvoir suivre. Or survoler l'approfondi... cherchez l'erreur. Frustration, regrets, sacrifices pour cause d'économie de temps, satisfaction du travail accompli jamais atteinte, la prépa commençait à me dégouter de l'étude. Sans compter que la satisfaction intellectuelle, si on me l'avait beaucoup vantée, n'a jamais été au rendez-vous – or, quand on en vient à être content non pas de ce qu'on a fait, mais de ce qu'on a fini de le faire, et quand cette forme de contentement devient la seule à nous être accessible, c'est peut-être qu'il y a un problème quelque part.

    Alors je veux bien travailler, mais m'investir énormément dans quelque chose que je n'aime pas, vraiment, je n'en suis pas capable, ou du moins pas longtemps. J'ai dix-huit ans (demain), des rêves pleins la tête, des étoiles dans les yeux, et comme dit l'autre (Benoît Dorémus
, que j'écoute d'ailleurs en boucle depuis peu et que je vous recommande, si vous ne connaissez pas), « j'ai franchement pas dans l'idée de m'rendre malade à crever, me retrouver à faire comme le padre un métier que j'peux pas encadrer ». C'est pas le même ton, mais l'idée est là. En chier pour quelque chose, d'accord, en chier pour en chier... Moyen.

Donc j'ai tout lâché.
Et j'essaye désespérément de
m'inscrire en fac de Lettres Modernes.

L'hypokhâgne, c'est fini pour moi.

Par Aleks :: 14/11/2007 à 19:19 :: Aleks et l'hypokhâgne


LE PROFESSEUR

Combien font un et un ?


L'ELEVE

Un et un font deux.


LE PROFESSEUR, émerveillé
par le savoir de l'Elève.

Oh, mais c'est très bien. Vous me paraissez très avancée
dans vos études. Vous aurez facilement votre
doctorat total, mademoiselle.


Ionesco, La Leçon.


Hein ? Quoi ? Ouais, j'développerai le titre plus tard.


Lettre du Front.

Par Aleks :: 10/11/2007 à 12:27 :: Aleks et l'hypokhâgne
[Très cher zED, "un hypokhâgneux de Nancy avec qui [je] parle sur internet",
j'ai bien eu ton "Bonjour", et te le rends, amusée, en me disant une fois de
plus que décidément, "le monde est petit !"]

[prochainement, l'article "Le Philosophe et moi"]


Samedi Dix Novembre Deux Mille Sept,
        A mon cher blog,

    Ici, il n'y a plus de doute, la guerre est bel et bien en marche. Les pauvres bougres qui priaient encore pour que l'hypokhâgne soit relativement pacifique n'ont maintenant que leurs yeux pour pleurer, mais les miens ayant été crevés par une Commandante hélleniste dont j'avais bafoué un datif féminin singulier, je ne peux plus que me cramponner au souvenir déjà ancien de la lumière du jour. Bien qu'encore possesseurs de leur vue, mes pauvres camarades sont dans le même cas.

    Déjà deux mois, deux longs mois que nous avons été capturés, et nos conditions de détention se durcissent de jour en jour. Les interrogatoires sont de plus en plus fréquents, nos tortionnaires de moins en moins patients, et nous passons de plus en plus de temps à essayer de remettre en état les derniers interrogés. Hier et avant-hier, particulièrement, ont été des jours difficiles. Revenus dans le camp de détention principal (nous avions été transférés, pour une semaine environ, dans un centre secondaire où l'on survit bien mieux), nous avons eu quelque mal à nous y faire à nouveau, et les châtiments corporels ont fait leur grand et inévitable retour. J'ai subi de nombreux interrogatoires, et quelques baffes sont tombées quand, trop lente ou fatiguée, je peinais à répondre ou à dire autre chose que mon nom et mon régiment. Le général chargé de la gestion des départements français, par exemple, m'a généreusement offert 5 points de suture, à peine ceux-ci faits, son homologue britannique a imité son collègue, et pour finir, un gardien que je soupçonne, par son accent, d'être d'origine hispanique, m'a gratifié de 4 bons coups de pieds qui m'ont laissé, après tout cela, l'estomac quelque peu retourné. La nuit suivante, j'ai été sortie de force de l'infirmerie par un sergent du département Statistique, puis battue et assaillie de questions, ce monstre hurlant encore et encore "Dreyfus ?! Dreyfus ?!" au rythme de ses coups de pieds. Au final, ce n'est pas plus mal, puisque cette folie m'a permis de prolonger mon séjour à l'hopital du centre, et malgré le souvenir et l'obsession constante de la commandante hélleniste, la providence m'a enfin laissé quatre heures consécutives de repos.

    Revenue dans ma cellule, avec les autres, nous avons enfin eu des nouvelles du front grâce à ce gardien corrompu dont je t'ai déjà parlé, et nous avons passé la nuit à en parler et à planifier notre évasion, qui n'aura certainement jamais lieu. Mais que veux-tu, le prochain interrogatoire à lieu mercredi, et c'est le caporal Khôller qui s'en chargera personnellement. Que nous reste-t-il, sinon le rêve ?

C'est le bordel.

Par Aleks :: 26/10/2007 à 14:21 :: Aleks et l'hypokhâgne



C'est le bordel. Le problème, c'est que ça

ne s'applique pas seulement à mon bureau...


Réveil douloureux. Impression récurrente de sortir d'un coma de dix-sept ans tous les matins. Et non, ça n'est pas une façon de dire que « j'ai commencé à vivre avec la prépa ». Estomac archi contracté. Le violente pour le forcer à avaler quelque chose. Autant m'intuber directement tellement c'était agréable.


Retour dans la chambre, ma dernière colloc' s'en va, les vannes s'ouvrent. Je passe l'heure fatidique du départ à la bourre.


Alors, tant qu'à faire, je passe la journée dans le noir à purger cette putain d'angoisse, mes yeux vides obstinément fixés sur le rien. Porcelaine, porcelaine, porcelaine, porcelaine. Vacances. Fac. De philo, de lettres, de biotechnologies ou de développement durable, peu importe, mais fac.


Quatorze heures, mes valises sont bouclées.


Et puis, quinze heures, je vais en espagnol, quand même. Je passe pas mes nuits à faire mes devoirs si c'est pour ne pas les rendre. Mais les deux heures vont être longues. Comment ? Ah non, le prof est génial, c'est pas le problème. Ça serait plutôt mon niveau merdique, le problème, en fait. Oui, voilà, c'est ça. Mon niveau merdique. Une autre question ? Non ? Bien.


...

Les vacances tombent à pic.

« Bien peser le pour et le contre, surtout. »

Pas de décision hâtive, hein. On pourrait interpréter ça comme une fuite.


Encore et éternellement "à suivre"...


Devinette, #001

Par Aleks :: 25/10/2007 à 14:29 :: Aleks et l'hypokhâgne


 Combien de nuits blanches de suite peut endurer un préparationnaire débutant, sachant que le temps est celui d'un mois d'octobre parisien et que la surcharge de travail que le sujet subit est conforme à la moyenne de la charge de travail préparationnaire ? Vous partirez du principe que le sujet « n'en peut plus » dès le moment où la première manifestation lacrymale de son agacement fera son apparition.


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