Préavis

Par Aleks :: 26/05/2008 à 20:37 :: Aleks raconte sa vie
[tu cliques sur les images, et hop, ça s'agrandit !]


Aujourd'hui :




Cet été :




J'vais faire de la traduction de documentation, français-anglais :D
[PS : Monsieur Rien, je te réponds, mais laisse-moi un peu de temps... ^^"]

Rien.

Par Aleks :: 24/05/2008 à 14:32 :: Aleks raconte sa vie
   
    Dans mon jardin, il y a une chose en plastique, un genre de transat que certains prétendent qu'il a un jour été blanc. Aujourd'hui, il oscille entre le crème (pour les délicats) et le jaune sale (pour les gens honnêtes). Il moisit là, inutilisé depuis l'époque où nos étés étaient encore chauds et agréables, et où nous pouvions sans remords pioncer au soleil en invoquant l'excuse du teint hâlé. Autant dire depuis longtemps. Toujours est-il que la place où l'on posait régulièrement son séant en prévision d'une longue après midi de paresse est aujourd'hui recouverte d'une eau stagnante, d'un aspect plutôt désagréable, et dans laquelle je ne m'étonnerais pas de trouver un ou deux rats d'égoût, si la profondeur de la flaque le permettait. Et pourtant, cette chaise longue en décomposition n'a pas été abandonnée, loin de là, et je me suis rendue compte il y a peu, non sans quelque satisfaction, que j'y avais laissé ma marque : un cercle de café séché s'est lentement attaché au plastique de l'accoudoir, puisque c'est toujours sur le même, au même endroit, que je pose la boisson sacrée avant d'allumer d'un geste solennel l'inévitable cigarette qui l'accompagne. J'attends donc avec impatience le moment où, vieille et usée, le souvenir de ces lectures furtives (le temps d'une cigarette) me reviendra lorsque je rencontrerai une tâche semblable. Ce jour, je commencerai une nouvelle
Recherche.

(tremblez !)
    Bulle m'avait il y a quelques temps déjà soumis un questionnaire portant sur nos cinq petits plaisirs préférés, j'avais - précisons-le au passage - prévu d'y répondre avec beaucoup d'application, trop, même, puisqu'à ce jour mon obligation n'est toujours pas remplie. Procrastination, vous avez dit procrastination ? Toujours est-il que dans ces cinq petits plaisirs figurerait certainement celui-ci : allumer toutes les lumières de mon salon, sortir ensuite en silence dans le jardin endormi, et, à la faible lueur du Versailles créé plus tôt, lire quelques pages d'une oeuvre quelconque, tout en brûlant et apaisant ma gorge tour à tour d'une fumée acre et d'une caféine bien trop sucrée. Et quand la nuit est trop sombre, j'abandonne le transat, et m'assieds directement dans la poussière de la terrasse - je n'ai pas de remords quand à salir mon vêtement de travail, vous me le pardonnerez -, le dos appuyé contre le mur, ma tête ayant une fâcheuse tendance, quand l'auteur ne m'inspire pas, à délaisser les mots de papier qui s'offrent à elle, pour se balancer en arrière et porter le regard vers les maigres étoiles que la lumière de la ville laisse encore vivre.

    En fait, j'arrive à lire partout. Assise dans un métro bondé, debout dans un métro bondé, dans une salle de pause archi bruyante, dans mon bain, dans mon lit, en marchant dans un endroit désert, en marchant dans les Halles (non sans me prendre un passant ou deux au passage, certes)... Partout. Sauf à la bibliothèque, en fait, puisque l'idée de descendre faire une pause cigarette brouille ma lecture jusqu'à ce que je cède, et reviens aussitôt la pause finie. A croire que j'ai non pas un palmier mais un arbre à tabac dans chaque paume.

J'arrive à lire partout, donc, et j'aime ça. Sauf que huit bouquins en quatre jours (et pas des petits), ça commence à faire beaucoup.

Vivement la fin des rattrapages...

Mens sana in corpore sano

Par Aleks :: 20/05/2008 à 0:24 :: Chroniques Aleksiennes
[Un truc qui moisissait dans les brouillons du blog.
Qui ne veut rien dire.
Qui est pour le moins torché.
Qui n'a pas été touché depuis novembre dernier.
En attendant mieux, en somme.]



Et il me dit tu verras, dans mon livre, il y aura toi. Toi et moi. Et moi je dis Ah d'accord, c'est bien, et je baisse la tête et je continue le mien. Mon livre. Moi j'y raconte des trucs un peu gnan-gnan, c'est vrai, mais c'est pas grave, le gnan-gnan, ça vend. Y a qu'à voir ce qu'on trouve comme merde au rayon du Auchan, les histoires d'amour dans les cliniques, les femmes médecins qui tombent dans les bras des chirurgiens, les filles qu'ont des visions, les flics qu'ont des liaisons... Y a qu'à voir. Le niais, ça vend bien.


Il se penche au dessus de mon épaule, il lit. J'aime pas quand on fait ça, j'aime pas quand il fait ça, mais je dis rien, je me tais, j'attends. Il me dit Boarf, t'es bête, c'est pas possible, ça ! Elle peut pas oublier le goût du chocolat ! Mais elle est amnésique, que je lui dis. Il se moque un peu de moi. Quand t'es amnésique, t'oublie pas ça. T'oublie ton nom, ton adresse, ton âge, mais le chocolat, ça s'oublie pas. Bon. Le chocolat, ça s'oublie pas. C'est dommage, une histoire d'amour qui commençait avec la découverte du chocolat, moi, je trouvais ça bien. C'était un peu niais, ça pouvait marcher... mais y a des choses qui s'oublient pas, et parmi elles, le chocolat. C'est comme ça.


Du coup, les deux amants de mon livre, s'ils découvrent pas le chocolat, ils se découvrent pas non plus, alors bon, je les laisse là, en plan. Ils intéresseront personne, ils m'intéressent plus. Mais tu veux vraiment écrire des bouquins, que j'lui demande ? Ouais, non, j'sais pas. J'en ai marre du droit, j'vais ptet faire de l'informatique, je sais pas trop. Un truc pour avoir un boulot et partir de chez moi, tu vois. J'en ai marre de mes parents, ils m'aiment pas.


Moi j'dis rien. J'm'ennuie. J'lui parle parce qu'il est là, mais ça serait quelqu'un d'autre que ça me gênerait pas.


Tu verras, qu'il me dit. Un jour j'aurais une porsche. J'lui dis pas que ça m'étonnerait qu'un jour il ait une porsche, j'lui dis pas non plus que ça m'étonnerait qu'un jour il ait un toit, j'lui dis toujours rien. J'le laisse rêver et me raconter, parce que j'suis là, et qu'on s'f'rait encore plus chier si on parlait pas. Un jour j'aurais une porsche, qu'il me dit, parce que je me serais fait publier. J'vais écrire des romans policiers, avec des détectives, des crimes, des enquêtes, tu verras, ça marchera, j'suis sûr que ça marchera. Et quand j'aurais la porsche, on attendra qu'un d'mes parents meure, et on ira ensemble à l'enterrement, en porsche. Et tout le monde se dira ouah, lui au moins, il a réussi. Et tout le monde nous admirera, moi parce que j'aurais réussi, toi parce que tu seras avec moi. Et y aura mon frère qui viendra baver d'vant moi et qui m'demand'ra s'il peut essayer la bagnole, juste une fois, et là, t'inquiète pas, je l'attends, j'me f'rai un plaisir de lui dire non. Ptit con.


Moi j'l'aime bien ton frère, que j'réponds. Il est mignon. J'suis sympa, j'me retiens de rajouter un beaucoup plus que toi. C'est un pochtron, qu'il me répond, moi, j'bois pas : un esprit sain dans un corps sain. J'souris et j'baisse la tête sur mon bouquin. J'lui dis pas que j'préfère le corps malsain d'son frère, j'crois qu'il comprendrait pas. C'est con, c'est utile quand on veut écrire des romans policiers, d'savoir que le type gentil et bourré il aime les grandes filles un peu folles, alors que l'pervers lucide et sobre, il penche plus pour les filles moins grandes et plus sages. Ca aide à établir le profil psychologique du coupable. Ou bien du héros.


Et c'est comme ça qu'on retrouve les

cadavres dans le coffre des porsches.



...

Par Aleks :: 17/05/2008 à 13:40 :: Aleks raconte sa vie

    Non, ne hurlez pas, outrés, en prétendant que je vous néglige. Bon, c'est vrai, en un sens, ça fait un petit moment que je n'ai pas posté. Mais quel bloggueur n'a jamais été refroidi par cette horrible question qu'une connaissance - peut-être pas si innocente qu'on le pensait - ose un beau jour nous poser : "Hé, t'as pas un blog ?"


    Donc. Après avoir épié pendant quelques temps mes visiteurs et leurs parcours, en me gardant bien de rien poster de compromettant (donc, de rien poster du tout), je crois pouvoir me rassurer en me disant que cette fourbe question était bien innocente, aussi anodine, en soi, qu'un "T'as pas une cigarette ?" ou qu'un "Quelle heure est-il ?"

Mouais.
J'sais pas.
Dans tous les cas, si tu es petite, blonde, que ton prénom commence par un M et qu'il finit par -arion, que tu es en Lettres Modernes, première année, et que tu vis à la campagne, ferme tout de suite cette fenêtre, oublie l'adresse qui y mène, oublie également tout ce que tu as pu lire ici, et respecte les règles de ce blog comme celles d'un Fight Club virtuel, à savoir qu'il ne faut pas en parler, et qu'il ne faut surtout pas en parler.

Et au passage pardonne-moi également de t'avoir répondu, ce jour là, un "Nan, pourquoi" faussement naturel. C'est de bonne guerre, après tout.

Bref.
Outre ce petit épisode, je ne sais trop quoi vous livrer... (c'est d'ailleurs très étrange de s'adresser à ses lecteurs habituels tout en pensant que peut-être, quelqu'un que vous connaissez in real life et à qui vous n'avez pas donné cette adresse, vous lit...) (obsédant, même) J'ai passé et réussi mes examens du second semestre. Je prépare (enfin, j'essaye de me forcer à le faire) ceux du premier semestre. J'ai l'équivalent de Beaubourg en retard, au niveau de Et tes lectures, t'en es où ? J'ai pas encore démissionné de mon super job étudiant, mais ça va pas tarder, puisque le déménagement se rapproche.
Et je poste pas assez.

Mais j'vous lis quand-même, même si je commente pas forcément, hein !
Allez, promis, bientôt, je poste un truc intéressant.

Ciel, je vieillis !

Par Aleks :: 03/05/2008 à 13:09 :: Aleks raconte sa vie

    Imaginez une salle de pause vide, nue, sobre, où le silence n'est brisé que par les machoires en pleine activité de deux étudiantes fatiguées. De temps en temps, un garçon lance un "Bonjour" enthousiaste tout en se précipitant dans le vestiaire. Il est en retard. Dehors, une voiture klaxonne. Vingt et une heures.  Les plateaux deviennent vite à moitié vides, et nos deux specimens accordent une trève à leurs zygomatiques. Blanc de pré-digestion. "Dis Aleks... T'as pas l'impression que l'temps il passe trop vite ?" Petit sourire. "Quoi, c'est bientôt ton anniversaire, c'est ça ?" "Non, même pas. Mais je sais pas. J'me sens vieille. J'ai l'impression que tout va trop vite et que j'ai rien le temps de faire de ma vie." Et voilà. Ca n'est pas plus compliqué que ça. En quelques mots, vous voilà contaminé par cet affreux sentiment de vieillesse nostalgique mal placée. Ben oui, mal placée. A dix huit ans...

    Oh, non, je n'ai pas l'impression que je n'ai rien fait de ma vie, tout simplement parce que - sauf cas exceptionnel - à dix huit ans, personne n'a eu le temps de rien faire de la sienne. C'est normal. Elle vient à peine de commencer. N'empêche qu'en tout cas, ça y est, moi aussi je me sens vieille. Je travaille. Je cotise pour une hypothétique retraite (sic). Je vais toujours en cours, certes, mais je passe moins de temps à la fac qu'à servir des hamburgers. Ma dernière cuite remonte à cinq siècles. Je n'ai pas fumé de joint depuis... diantre, depuis un an. Mes papiers administratifs sont rangés dans des pochettes bien classées, elles-mêmes soigneusement ordonnées dans des classeurs précautionneusement étiquetés. Je peux retrouver mon attribution de bourse de mai de l'année dernière en vingt secondes chrono, par exemple. J'ai une carte d'adhérent Fnac. Je vais même chez le coiffeur spontanément, sans être harcelée trois semaines durant par l'autorité maternelle qui me rabache que non mais là, vraiment, c'est plus possible. Et l'année prochaine, c'est officiel, je m'en vais de la maison, et paye loyer, bouf, et diverses factures par mes propres moyens. J'vous dis pas comment ces responsabilités financières m'écrasent déjà à l'avance. C'est pas que je ne veuille pas être indépendante, au contraire : rien qu'à penser à cet appart, je sens un doux vent de liberté passer sur mon visage (Non pas que je vive en prison non plus, hein, loin de là). Mais pas seulement de liberté, il y a aussi quelque chose comme un sentiment de "Maintenant je suis une grande". Comme une entrée au collège puissance quatre vingt dix. Sauf que quand vous rentrez au collège, si un petit merdeux vient vous faire la misère, vous avez toujours Papa-Maman derrière pour régler le problème.

Sauf que là, ben y aura plus. Le merdeux, vous l'enverrez chier vous-même. Ca, ça pose pas problème. Le banquier, en revanche, devra être traité avec bien plus de diplomatie. Et vous volerez sans filet.

C'est dingue. J'ai jamais eu l'impression d'être une assistée, avant. Maintenant que je sais que je vais partir, j'ai l'impression de l'avoir toujours été. Vraiment. Comme on dit chez moi, sur la tête de ma mère, j'flippe trop ma race.

Moralité... Il faut que je me marie
 avant l'année prochaine ?


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